Radar millimétrique et IA de 598 Ko : glycémie sans piqûre
Une équipe de recherche de l’Université de Dublin a présenté GlucoRadar, une approche novatrice pour la surveillance glycémique non invasive. Le système utilise un radar à ondes millimétriques émettant à 60 gigahertz pour analyser la concentration de glucose sans prélèvement sanguin. Lorsqu’il traverse une solution, le signal réfléchi porte des modulations distinctes liées à la présence de sucre, offrant ainsi une méthode d’acquisition de données alternative aux capteurs optiques traditionnels. L’interprétation de ces signaux complexes repose sur un réseau de neurones convolutionnel ultra-léger. Ne pesant que 598 kilo-octets et contenant cent cinquante mille paramètres, ce modèle peut être déployé sur des microcontrôleurs standards. Lors d’expériences en milieu contrôlé, il a classé seize niveaux de concentration glucidique avec un taux de réussite supérieur à 90 %. Une technique d’augmentation des données par bruit artificiel a permis de renforcer la robustesse du système face aux variations de mesure. Cette technologie en reste cependant à un stade expérimental. Les essais ont été menés in vitro sur de l’eau sucrée et non sur des tissus biologiques humains. La pénétration des ondes millimétriques à travers la peau est entravée par l’épaisseur des couches cutanées, l’hydratation et la température, ce qui complexifie considérablement l’analyse par rapport au laboratoire. Aucune autorité sanitaire n’a actuellement homologué de produit grand public basé sur cette méthode, et des validations cliniques sur échantillons vivants restent indispensables. Malgré ces défis, les perspectives d’intégration dans les objets connectés sont solides. Avec une consommation inférieure à cinq milliwatts et un format de quelques millimètres cubes, le module pourrait être incorporé dans des montres ou bracelets intelligents. L’équipe a mis à disposition l’architecture du système, les jeux de données expérimentales et les paramètres du modèle, encourageant la communauté scientifique à affiner l’algorithme et à tester des protocoles plus précis. Cette étude valide scientifiquement la faisabilité du suivi glycémique par radar, posant les bases matérielles et logicielles d’une nouvelle génération de dispositifs médicaux portables et indolores.
