Banquier vend mansion pour actions Anthropic
Storm Duncan, fondateur et partenaire gérant de la banque d'investissement technologique Ignatious, propose de céder sa résidence de luxe située dans le comté de Marin, en Californie, en échange d'actions d'Anthropic. La propriété, entièrement meublée et dotée d'une piscine à débordement offrant une vue imprenable sur la baie de San Francisco, est évaluée à 4,8 millions de dollars. Cette initiative inédite reflète l'intensité de la recherche actuelle d'actions Anthropic sur le marché secondaire, où l'évaluation de l'entreprise a culminé à un chiffre d'affaires théorique de 1 milliard de dollars, portée par une croissance des revenus fulgurante et le succès de son assistant de codage alimenté par l'IA, Claude Code. Duncan, qui réside principalement à Jackson Hole dans le Wyoming, a choisi ce bien immobilier spécifique pour sa proximité avec les bureaux de San Francisco, permettant un trajet de vingt minutes qui séduirait particulièrement les employés d'Anthropic. L'objectif de cet échange est de contourner la liquidité limitée des actions avant l'introduction en bourse. De nombreux employés et investisseurs précoces détiennent des actions d'une valeur considérable mais ne peuvent pas les vendre tant que l'entreprise ne sera pas publique. Duncan vise à attirer ces personnes, dont certaines gagnent des salaires élevés mais sont enfermées dans des actifs illiquides, leur offrant ainsi une opportunité de diversifier leurs avoirs. Depuis l'annonce de cette offre, plusieurs propositions sérieuses ont été reçues, émanant tant d'employés d'Anthropic que d'investisseurs précoces. Duncan reconnaît la complexité de ces transactions mais insiste sur leur authenticité, affirmant ne pas agir simplement pour la publicité. Il explique que les petits investisseurs comme lui ne peuvent pas négocier directement avec Anthropic, car l'entreprise privilégie les investisseurs institutionnels capables d'émettre des chèques de cent millions de dollars. Par ailleurs, le marché secondaire traditionnel présente des risques accrus, avec des frais élevés et des structures de propriété opaques dus à la rareté des actions disponibles. Bien que Duncan possède déjà des actions acquises lors du cycle de financement de 2024, il souhaite renforcer sa participation après avoir constaté l'efficacité de Claude Code dans son propre cabinet. Il a estimé que cette technologie pourrait tripler son productivité et réduire ses coûts de moitié, justifiant son désir d'avoir une exposition plus forte à l'entreprise. Cette tentative d'échange immobilier rappelle d'autres stratégies audacieuses passées, comme le choix fait en 2005 par l'artiste David Choe d'échanger des murales contre des actions Facebook plutôt qu'un paiement en cash, un choix qui lui a valu une fortune estimée à 200 millions de dollars lors de la sortie en bourse de Facebook. Certaines réactions sur les réseaux sociaux ont qualifié cette offre de coup médiatique ou de signe précurseur d'une bulle spéculative, soulignant le contraste ironique entre la rareté des actions d'Anthropic et celle des biens immobiliers en Californie. Cependant, Duncan maintient que sa démarche est sincère et stratégique, visant à sécuriser des actifs stratégiques dans un marché où l'accès est devenu extrêmement difficile pour les acteurs individuels.
