Wall Street plonge dans l’ère de l’IA : banques, hedge funds et fonds de placement révolutionnent leurs opérations
Les banques d’investissement, les hedge funds et les firmes de gestion d’actifs sont désormais au cœur d’une transformation numérique accélérée par l’intelligence artificielle (IA), en particulier l’IA générative. Ces institutions financières cherchent à optimiser leurs processus, réduire les tâches répétitives et augmenter la productivité de leurs équipes. Selon ThoughtLinks, près de 44 % du travail bancaire pourrait être transformé d’ici 2030 grâce à l’IA. JPMorgan Chase, leader américain par ses actifs, dépense 18 milliards de dollars par an en technologie, avec l’IA comme pilier central. Son PDG, Jamie Dimon, utilise activement les outils d’IA générative, désormais accessibles à plus de 200 000 employés. L’entité gestion d’actifs du groupe a notamment remplacé les conseillers externes pour les votes actionnariaux par une plateforme interne, Proxy IQ, qui analyse les données issues de plus de 3 000 réunions annuelles d’entreprises. Goldman Sachs, quant à lui, consacre 6 milliards de dollars à la technologie cette année, avec une stratégie visant à améliorer l’efficacité, freiner l’embauche et entraîner une légère réduction des effectifs. Une IA interne, désormais disponible à tous les collaborateurs, soutient déjà plusieurs départements. Morgan Stanley, ancien partenaire d’OpenAI, a mis l’accent sur l’innovation interne : son outil DevGen.AI a déjà économisé plus de 280 000 heures de travail cette année. L’adoption de l’IA est particulièrement forte chez les stagiaires, dont 72 % utilisent ChatGPT quotidiennement ou plusieurs fois par semaine. Citigroup a également accéléré son déploiement : près de 180 000 employés dans 83 pays utilisent ses outils IA propres, qui ont été sollicités près de 7 millions de fois cette année. Ses outils automatisent les revues de code, économisant environ 100 000 heures hebdomadaires pour les développeurs, et ont lancé des pilotes d’IA agente avec 5 000 collaborateurs. Dans le monde des hedge funds, la compétition technologique est féroce. Citadel utilise un chatbot interne pour aider ses analystes à traiter plus rapidement les données. WorldQuant exploite l’IA pour intégrer des données non structurées comme les images ou les fichiers audio dans ses modèles. Point72 prévoit une expansion significative de son organisation technologique, tandis que Bridgewater a lancé en 2024 un fonds piloté par l’IA, AIA Labs, qui reproduit chaque étape du processus d’investissement via l’apprentissage automatique. Balyasny, gestionnaire de 29 milliards de dollars, a développé un robot IA capable de remplacer une grande partie du travail des analystes seniors, utilisé par 80 % de ses collaborateurs. Il a même recruté un ancien développeur d’IA de la CIA pour renforcer son équipe. Les fonds d’investissement privés, comme Carlyle, Blackstone et EQT, s’emparent de l’IA pour améliorer leur prise de décision. Blackstone renforce sa recherche d’information, tandis qu’EQT a créé Motherbrain, une IA capable de repérer de nouvelles opportunités d’acquisition. Chez Thomas H. Lee, les ingénieurs sont jusqu’à 30 % plus productifs grâce à des assistants d’IA pour le codage. Les gestionnaires d’actifs ne sont pas en reste. BlackRock a lancé Asimov, une plateforme d’IA agente pour sa gestion d’actions fondamentales. VanEck a investi dans une start-up canadienne pour renforcer son business d’ETF, tandis que Kraken a utilisé l’IA générative pour mener sa due diligence lors d’un rachat, un processus désormais central. Block, l’entreprise de Jack Dorsey, a développé un agent d’IA capable d’écrire du code plus vite et parfois mieux que des développeurs expérimentés, et l’a open-sourcé. Chime, quant à elle, a créé un assistant interne similaire à ChatGPT, devenu un pilier de son processus de développement produit. En somme, l’IA n’est plus une simple tendance : elle redéfinit les métiers, transforme les workflows et redonne un avantage concurrentiel aux firmes les plus agiles. Les experts soulignent que cette révolution ne remplace pas les humains, mais les libère pour des tâches à plus forte valeur ajoutée. Les entreprises qui maîtrisent l’intégration stratégique de l’IA devraient dominer le paysage financier des prochaines années.
