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Réduire les émissions limite la fonte de l'Antarctique

Une nouvelle étude publiée dans Nature Geoscience, menée par une équipe internationale incluant les chercheurs Robert Kopp et Yucheng Lin, démontre que les décisions climatiques actuelles détermineront l'ampleur de la fonte des glaces antarctiques et de l'élévation du niveau de la mer d'ici 2100. Les résultats indiquent une probabilité de 89 % que le respect des objectifs ambitieux de l'accord de Paris limite significativement cette fonte par rapport à un scénario de fortes émissions. Toutefois, même dans le cas idéal où le monde atteindrait la neutralité carbone vers 2050, il reste 92 % de chances que l'Antarctique connaisse une perte nette de glace durant ce siècle. Le réchauffement climatique affaiblit les plateformes de glace côtières qui agissent comme des freins naturels pour les glaciers. L'eau océanique plus chaude fond ces structures par en dessous, les fragilisant et permettant aux glaciers de s'écouler plus rapidement vers la mer. Sous des scénarios d'émissions élevées, ce mécanisme en chaîne pourrait faire contribuer l'Antarctique à hauteur de 15 cm, avec une estimation maximale de 25 cm, à la hausse du niveau des océans d'ici la fin du siècle. Ces chiffres ne représentent que l'apport antarctique et n'incluent pas la fonte du Groenland, celle des glaciers montagnards ni la dilatation thermique de l'eau. Pour affiner ces projections, les scientifiques ont eu recours à l'apprentissage automatique, une branche de l'intelligence artificielle. Cette approche a permis d'analyser rapidement des milliers de simulations glaciaires existantes, en croisant les données avec les mesures satellitaires de 2002 à 2021. La modélisation a ainsi réduit les incertitudes et confirmé la tendance à la perte globale de glace. Les recherches identifient désormais trois zones clés où un meilleur suivi scientifique produirait le plus grand impact : la fonte des plateformes sous l'effet de l'océan, le glissement de la glace sur le socle rocheux et les variations thermiques atmosphériques et marines autour du continent. Malgré ces avancées, certaines interactions complexes entre la glace, l'océan et l'atmosphère restent difficiles à modéliser. Les auteurs soulignent que la réponse de l'Antarctique au climat est lente mais irréversible sur des siècles. En fournissant des projections plus précises, cette étude offre aux responsables côtiers des bases concrètes pour adapter les infrastructures et protéger les populations face à la montée des eaux, indépendamment des choix politiques futurs.

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