Startup enragée : 113 000 $ par mois pour l'IA
Amos Bar-Joseph, PDG de la startup Swan AI, a récemment affiché une facture mensuelle de 113 421,87 dollars pour des services d'intelligence artificielle, une somme qu'il qualifie de fierté plutôt que de signe d'inquiétude. Sur son profil LinkedIn, le fondateur a partagé un reçu de l'entreprise Anthropic, soulignant que sa société, composée de seulement quatre employés, a atteint ce niveau de dépenses en utilisant des modèles d'IA pour gérer ses opérations commerciales. Cette démarche illustre une tendance plus large au sein du secteur technologique, où certains dirigeants envisagent l'investissement massif dans l'IA comme un moyen de remplacer les embauches humaines traditionnelles afin d'accroître la productivité. Swan AI développe des agents d'intelligence artificielle destinés aux équipes de vente et de marketing. L'entreprise mesure ses performances en comparant les coûts liés au traitement des données par les modèles, appelés tokens, à des indicateurs commerciaux standards tels que les pipelines de vente, les contrats signés et le support client. Bar-Joseph a déclaré que sa petite équipe génère déjà un revenu annuel récurrent (ARR) au sept chiffres et qu'elle a ajouté environ 200 000 dollars d'ARR rien que la semaine précédente. Il précise que l'objectif central de l'entreprise est de viser 10 millions de dollars de revenu annuel récurrent par employé. Selon lui, l'augmentation des dépenses en IA permet d'atteindre cet objectif sans avoir recours à un recrutement massif. La question fondamentale, selon Bar-Joseph, est de savoir si cette dépense permet de se développer sans augmenter les effectifs. Si la réponse est positive, le modèle fonctionne. Cette vision est partagée par d'autres dirigeants de la Silicon Valley. Jensen Huang, PDG de Nvidia, a exprimé l'attente que des employés générant 500 000 dollars de revenus dépensent au moins 250 000 dollars en tokens d'IA, tandis qu'Aaron Levie, PDG de Box, anticipe une hausse continue des budgets de calcul pour toutes les industries. Cependant, une certaine prudence émane aussi de la scène technologique. Chamath Palihapitiya, via son incubateur 8090, a mis en garde contre une croissance des coûts trop rapide, signalant que ses dépenses triplent tous les trois mois tandis que ses revenus stagnent, créant un déséquilibre préoccupant. Swan AI n'a pas communiqué ses chiffres exacts de revenus, rendant difficile l'évaluation de la rentabilité par rapport à ses coûts d'IA. Néanmoins, la facture d'Anthropic affichée par Bar-Joseph montre une croissance exponentielle : elle était de 51 217,56 dollars en février, est passée à 27 690,69 dollars en mars avant d'exploser à 113 421,87 dollars pour la facture d'avril. Malgré ce budget élevé, Bar-Joseph affirme que l'entreprise a toujours dépensé plus en IA que pour la rémunération de ses quatre salariés. Il insiste sur le fait que cette stratégie n'est pas hostile à l'emploi humain. Au contraire, il considère que l'automatisation par l'IA prépare le terrain pour de futurs recrutements une fois que la technologie aura atteint ses limites actuelles. Pour l'instant, selon lui, le plafond des capacités de l'intelligence artificielle est loin d'être atteint, et l'entreprise prévoit d'embaucher lorsque cette limite sera clairement définie.
