Aleph : imagerie cérébrale par ultrasons à travers le crâne
L’entreprise Aleph annonce aujourd’hui une avancée majeure dans l’imagerie cérébrale non invasive. En s’appuyant sur les ultrasons, l’équipe a réussi à obtenir la carte vasculaire en trois dimensions la plus détaillée jamais enregistrée sur un cerveau humain vivant, et ce à travers un crâne intact. Cette réalisation dépasse de cent fois en résolution volumique les scanners CT classiques et ouvre la voie à une nouvelle génération d’interfaces cerveau-machine et d’outils diagnostiques. L’interface cerveau-machine actuelle se heurte à un goulot d’étranglement matériel. Les méthodes invasives nécessitent d’ouvrir le crâne, tandis que les techniques non invasives comme l’électroencéphalographie offrent un champ large mais une résolution insuffisante. Pour décoder efficacement l’activité neuronale, deux critères sont indispensables : une couverture étendue de l’encéphale et une précision au millimètre près. Les ultrasons neurovasculaires combinent ces deux atouts en cartographiant le flux sanguin lié à l’activation des neurones. Pour franchir l’obstacle du crâne et dépasser la limite de diffraction naturelle des ondes sonores, les chercheurs ont utilisé des microbulles de contraste approuvées par les autorités sanitaires. Injectées en faible concentration, ces bulles permettent de localiser précisément leur centre à chaque instant. En accumulant des millions de positions sur quatre minutes d’acquisition, le système reconstruit une image super-résolue qui révèle finement les artères cérébrales et les vaisseaux les plus petits. Au-delà de cette prouesse technique, l’équipe entend généraliser cette méthode. Elle a d’ores et déjà mis open source l’ensemble de la chaîne de traitement ainsi que les jeux de données associés, afin d’accélérer la recherche dans des domaines comme l’AVC, la maladie d’Alzheimer ou les traumatismes crâniens. L’objectif final consiste à atteindre une imagerie neurovasculaire sans agent de contraste, directement détectable via la faible rétrodiffusion des globules rouges. Cette transition repose sur deux tendances fortes. D’une part, l’équipement s’est considérablement démocratisé, des sondes ultrasonores désormais compactes et abordables remplaçant les anciennes machines encombrantes. D’autre part, l’intelligence artificielle, notamment les modèles d’apprentissage profond, promet d’extraire un signal utile à partir de téraoctets de données brutes, là où les méthodes conventionnelles ne conservent qu’une fraction infime de l’information. En collectant ce qui pourrait devenir le plus vaste ensemble de données d’imagerie neurovasculaire ultrasonore, Aleph positionne cette technologie comme un pilier prometteur pour la neurologie et les interfaces neurales de demain.
