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Anthropic: son dépôt d'IPO révèle une menace pour Nvidia

L’entreprise d’intelligence artificielle Anthropic a déposé lundi son dossier S-1, document préparatoire à une introduction en Bourse, dans lequel elle présente une stratégie de diversification matérielle susceptible d’affaiblir le pouvoir de fixation des prix de Nvidia. Dans ce dossier, la société indique gérer ses ressources de calcul comme un pool unique et interchangeable fourni par plusieurs partenaires stratégiques. Elle explique disposer d’un logiciel capable de répartir ses charges de travail entre différents types de puces selon leur productivité à chaque instant. Anthropic précise utiliser quatre familles de puces : les puces Trainium d’Amazon, les TPU de Google, les GPU de Nvidia et ceux d’AMD. Cette capacité de transfert a demandé plusieurs années d’investissement, affirme l’entreprise. Pour des analystes, elle donne aux grands laboratoires d’IA un levier de négociation plus fort, car un client qui peut déplacer ses besoins entre plusieurs plateformes dépend beaucoup moins d’un seul fournisseur. Elle réduit aussi leur exposition aux pénuries ou aux variations de l’offre de Nvidia. Cependant, cette indépendance reste limitée. Déplacer des charges de calcul est complexe, surtout pour l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle, une tâche plus exigeante que leur simple utilisation. Seules les plus grandes entreprises disposent des équipes et des budgets nécessaires pour maintenir une telle souplesse. Anthropic continue par ailleurs d’investir massivement dans les solutions Nvidia, et d’autres acteurs comme OpenAI pourraient suivre une approche multichip, mais l’effort ne serait pas rentable pour des structures plus petites. Certains experts jugent d’ailleurs que cette diversification ne remet pas en cause, à court terme, les avantages de Nvidia en matière de performance, de mise en réseau et d’écosystème logiciel. Le risque principal viendrait d’un scénario plus large : si les capacités de calcul devenaient davantage une commodité, la concurrence pourrait faire chuter les prix. Ken Griffin, patron de Citadel, a récemment averti qu’une surcapacité provoquerait une forte baisse des tarifs de location, comparant les GPU à une infrastructure à coût marginal faible. Nvidia n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

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