Les lunettes connectées, la nouvelle chance des géants de la tech après l'échec des casques VR
Les casques de réalité virtuelle ont échoué à convaincre le grand public. Alors, les géants de la tech tentent une nouvelle approche : les lunettes intelligentes. Les techniciens n’ont pas réussi à faire adopter des appareils portés sur le visage, mais ils ne renoncent pas. En 2022, la reine Camilla avait déjà testé les Ray-Bans de Meta. Cette année, pourrait-elle être la bonne pour une adoption plus large ? Depuis des années, l’industrie a dépensé des dizaines de milliards de dollars pour inciter les gens à porter des casques volumineux qui remplacent leur réalité par une version numérique. Sans succès. Mais les entreprises ne baissent pas les bras. Leur nouvelle stratégie ? Proposer des lunettes qui ressemblent à des lunettes ordinaires, sans les défauts des casques : légèreté, discrétion, confort. Cela semble logique : peu de gens portent des casques lourds sur la tête, sauf dans des contextes spécifiques comme le ski. En revanche, des millions de personnes portent des lunettes chaque jour. Pourquoi ne pas intégrer la technologie dans un objet déjà familier ? Mais la réalité est plus complexe. Réduire un ordinateur — ou même une partie de ses composants — à la taille d’une paire de lunettes est une gageure technique. Plus les lunettes sont légères et bon marché, plus leurs fonctionnalités sont limitées. Et si elles ne font pas grand-chose de plus que des lunettes classiques, pourquoi les acheter ? Preuve de cette difficulté : les Apple Vision Pro, malgré leur innovation, peinent à trouver leur marché. Quant aux Ray-Ban Display Glasses de Meta, vendues 800 dollars pièce, les ventes sont modestes : environ 15 000 unités écoulées en trois mois seulement à la fin 2025. L’avenir pourrait bien se jouer dans les prochaines années, avec une concurrence accrue. Google prévoit de lancer ses propres lunettes intelligentes cette année, probablement moins chères que celles de Meta, puisqu’elles n’incluent pas le « bracelet neural » que Meta a intégré à ses modèles. Le géant de la recherche travaille aussi sur des lunettes plus ambitieuses, inspirées du prototype Orion dévoilé par Meta en 2024, mais encore non commercialisé. Apple, quant à lui, aurait déplacé des ressources de son Vision Pro vers le développement de lunettes à la manière de Meta. Et Meta continue de travailler sur « Phoenix », un casque plus petit que ses Quest, mais plus grand que ses Ray-Bans. Initialement prévu pour 2026, son lancement a été reporté à 2027, selon des informations de Business Insider. Le défi reste le même : créer un produit qui soit à la fois technologiquement performant, esthétiquement acceptable et économiquement accessible. Si les lunettes intelligentes veulent vraiment entrer dans la vie quotidienne, elles devront faire plus que ressembler à des lunettes — elles devront en valoir la peine.
