Prothèse 3D personnalisée décrypte 19 gestes en temps réel
Les prothèses de la main rencontrent encore une limite majeure : leur conception standardisée ignore la diversité anatomique des utilisateurs, ce qui rend le contrôle des signaux musculaux instable et souvent frustrant. Pour combler ce déficit, une équipe de chercheurs de l'Université Florida Atlantic, menée par le professeur Erik Engeberg, a développé un système de contrôle personnalisé. La solution repose sur un manchon léger imprimé en trois dimensions, moulé précisément sur le membre résiduel de chaque patient. Intégrés dans ce support, des capteurs magnétiques souples détectent les variations subtiles de forme et de pression générées par les muscles lors des tentatives de mouvement. Ces données sont traitées en temps réel par un modèle d'intelligence artificielle entraîné exclusivement sur les schémas neuromusculaires de l'utilisateur, plutôt que sur des bases de données génériques. Lors des tests, menés auprès de dix participants dont trois amputés du membre supérieur, le dispositif a permis de distinguer dix-neuf gestes distincts de la main et du poignet avec une fiabilité remarquable. Dans plusieurs cas, la précision a dépassé les 90 %. La durabilité du système a été éprouvée via plus de 7 500 cycles de force mécanique, sans aucune dérive des capteurs ni perte de performance, garantissant un signal stable et reproductible. Les résultats, publiés dans IEEE Transactions on Neural Systems and Rehabilitation Engineering, soulignent l'absence de configuration universelle. L'efficacité du dispositif dépend directement de l'adéquation entre le nombre, la position des capteurs et l'anatomie spécifique de chaque individu. Les chercheurs recommandent désormais d'ajuster cette configuration de manière individualisée, semblable à une prescription médicale personnalisée. Cette innovation répond à un enjeu de santé publique croissant. Aux États-Unis, 2,1 millions de personnes vivent avec une perte de membre, et plus de 50 millions dans le monde, un nombre appelé à augmenter avec le vieillissement et les pathologies vasculaires. Comme le souligne la direction de la faculté des sciences de l'ingénierie de l'université, cette approche rapproche l'innovation technique des réalités quotidiennes des patients, en restaurant non seulement la fonction motrice, mais aussi la confiance et l'autonomie nécessaires à une vie indépendante.
