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il y a 17 jours
Capital-risque
Start-up

5M$ pour data centers spatiaux

Orbital, une jeune entreprise spécialisée dans les centres de données spatiaux, a levé 5 millions de dollars lors d'un tour de table initial en mai 2024. Lancement réalisé par l'accélérateur Speedrun de la firme de capital-risque a16z, cette opération a réuni une quinzaine d'investisseurs institutionnels. La société a été fondée par Euwyn Poon, ancien cofondateur de Spin, le loueur de trottinettes électriques racheté par Ford en 2018. L'ambition d'Orbital est de déployer des satellites équipés de puces graphiques Nvidia pour traiter des calculs d'intelligence artificielle directement dans l'espace. Ce projet s'inscrit dans un contexte où la demande en puissance de calcul explose sur Terre, mais où le déploiement physique reste lent et énergivore. L'espace offre théoriquement un accès quasi illimité à l'énergie solaire et une réglementation environnementale moins contraignante. Cependant, le principal obstacle demeure le coût prohibitif des lancements actuels, qui rend encore l'équilibre économique difficile à atteindre. Pour le moment, Orbital mise sur l'arrivée du lanceur Starship de SpaceX. Euwyn Poon explique que le modèle économique ne deviendra réaliste qu'avec la mise en service régulière de ce gros lanceur. En attendant, l'équipe basée à Los Angeles travaille sur un vol de démonstration. Celui-ci placera une puce Nvidia Blackwell sur un satellite partenaire afin de tester les technologies de protection contre les radiations et de gestion thermique. La première véritable unité de traitement spatial, intégrant des GPU Vera Rubin, est prévue pour 2028. À partir de cette date, Orbital envisage de générer des revenus grâce à des tâches de traitement d'inférence répartis par satellites. Vision à long terme, la société souhaite déployer une constellation de dix mille satellites capables de fournir un gigawatt de puissance informatique distribuée. Ce projet s'inscrit dans un écosystème concurrentiel en pleine expansion. Des entreprises comme Starcloud ont déjà mis un processeur en orbite et attendent Starship pour déployer leur flotte. D'autres acteurs, tels que Cowboy Space Company ou Blue Origin, envisagent même de développer leurs propres lanceurs pour accélérer le déploiement de ces infrastructures spatiales. Du côté des investisseurs, Andrew Chen de a16z souligne que l'expérience d'Euwyn Poon dans la gestion d'un déploiement massif à grande échelle constitue un atout majeur pour piloter un projet aéronautique aussi complexe. Si l'initiative pourrait nécessiter une décennie et des milliards de dollars, les fonds de capital-risque semblent aujourd'hui mieux armés pour soutenir des horizons de développement longs, portés par l'engouement actuel pour les technologies spatiales et l'intelligence artificielle. La conviction de Poon repose sur une expérience personnelle : après avoir hébergé des modèles de langage sur une puce Nvidia A100, il a compris la valeur stratégique d'une infrastructure de calcul décentralisée. Son défi désormais consiste à transférer cette capacité de traitement à l'échelle orbitale, en attendant que les lanceurs lourds rendent l'opération économiquement viable.

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