Tesla FSD : des clients déçus par une méthode trompeuse
Lors de son appel sur les résultats financiers récent, Elon Musk a confirmé que les véhicules Tesla produits avant 2023, équipés du matériel informatique Hardware 3, ne seront pas en mesure d'atteindre la conduite autonome complète sans surveillance. Bien que Tesla ait promis dès 2016 que tous ses véhicules disposaient du matériel nécessaire pour une capacité de conduite entièrement autonome, le PDG a admis que cette génération de matériel était technologiquement insuffisante. Il a proposé aux propriétaires une solution de remplacement du calculateur et des caméras dans des micro-usines ou une offre d'échange avec réduction, mais ces options ont été perçues comme un échec des promesses initiales. Cette annonce a provoqué une vive réaction chez plusieurs propriétaires de longue date. Andrew Apperley, qui a acheté une Tesla Model 3 d'occasion en 2023 avec la fonction Full Self-Driving (FSD), a qualifié la situation d'arnaque déguisée. Il estime que Tesla s'est tiré une balle dans le pied en promettant une autonomie qui ne s'est jamais réalisée, ce qui risque d'éroder la confiance future des consommateurs envers l'entreprise et ses déclarations. Rick Flashman, propriétaire d'une Model 3 achetée en 2022, a indiqué qu'il ne comptait pas changer de véhicule malgré les offres d'échange, son modèle fonctionnant parfaitement. Il exprime cependant sa déception face à l'attente prolongée, tout en restant satisfait des capacités actuelles limitées de sa voiture. Matt Simmons, quant à lui, regrette l'utilisation rare de la fonction FSD après sept ans d'attente et estime que la société lui fait attendre indéfiniment des résultats non garantis. La controverse dépasse désormais les frontières américaines. Alors que Tesla a reçu l'autorisation de lancer la FSD aux Pays-Bas, cette version excluait les propriétaires de véhicules Hardware 3. Cette exclusion a motivé Mischa Sigtermans, dirigeant d'une société d'investissement à Amsterdam, à lancer une plateforme de regroupement des propriétaires européens mécontents. Près de 4 000 propriétaires ont déjà rejoint ce mouvement en vue d'une action juridique potentielle. Sigtermans dénonce le fait que les propriétaires paient pour une promesse brisée deux fois : d'abord via l'achat initial de la fonction, puis potentiellement via une mise à niveau matérielle coûteuse. Il souligne que l'aveu de Musk confirme ce que de nombreux utilisateurs dénonçaient depuis des mois, sans apporter de solution satisfaisante. Tesla fait déjà face à plusieurs poursuites judiciaires aux États-Unis pour marketing trompeur. Bien que l'entreprise n'ait pas commenté directement les réactions des propriétaires, la situation révèle une divergence croissante entre les ambitions technologiques affichées par Elon Musk et la réalité opérationnelle du matériel actuel. Les propriétaires de véhicules Hardware 3 se sentent désormais lésés, attendant depuis des années une mise à jour logicielle qui promet d'être impossible sans un remplacement matériel coûteux, ce qui remet en cause la viabilité économique et la crédibilité de la stratégie d'innovation autonome de la constructeur.
