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Des cellules magnétiques restaurent la marche des souris

Une équipe de l'Institut fédéral suisse de technologie (ETH) de Zurich a mis au point une nouvelle approche pour réparer les lésions de la moelle épinière, en développant des cellules vivantes capables de se guider vers les tissus endommagés. Dirigée par Hao Ye et supervisée par les professeurs Bradley Nelson et Salvador Pané, cette recherche, publiée dans Nature Materials, contourne les limites classiques des thérapies cellulaires. La greffe de cellules face à une lésion médullaire se heurte traditionnellement à une faible rétention au site lésé, à une survie limitée et à une différenciation incontrôlée. Les chercheurs ont résolu ce problème en enrobant des cellules progénitrices neurales de nanoparticules magnétoélectriques. Composées d'un noyau de ferrite de cobalt et d'une enveloppe de titanate de baryum, ces particules offrent deux fonctionnalités. Un champ magnétique externe dirige précisément les cellules vers la zone lésée, tandis qu'un champ magnétique alternatif génère un signal électrique local qui guide les cellules vers une différenciation en neurones ou en cellules gliales, essentielles à la reconstruction nerveuse. La production de ces entités, nommées NPCbot, s'effectue en quarante minutes via un système microfluidique, avec plus de 85 % des cellules préservées. Les tests sur modèles animaux ont validé l'efficacité de cette stratégie. Chez des souris paraplégiques, l'injection de NPCbot couplée à un guidage magnétique quotidien a permis une récupération motrice notable après quatre semaines. Les animaux ont progressivement repris des mouvements des membres postérieurs, avec une amélioration significative de leurs scores fonctionnels. Des expériences sur poissons-zèbres ont confirmé la capacité des NPCbot à favoriser la formation de ponts tissulaires et à restaurer les circuits nerveux, comme le montrent les observations de régénération axonale. Cette avancée marque un tournant en médecine régénérative. En intégrant navigation et contrôle environnemental directement aux cellules, les scientifiques transforment une greffe aléatoire en un processus ciblé et reproductible. Cela améliore la rétention cellulaire, oriente la différenciation et favorise l'intégration avec les tissus hôtes. Malgré ces résultats, le passage à l'humain nécessite encore plusieurs étapes de validation. L'équipe doit tester la technologie sur des primates, standardiser sa production industrielle et évaluer soigneusement le devenir à long terme des nanoparticules dans l'organisme. La maîtrise des risques immunologiques ou toxiques, ainsi que le développement de dispositifs d'imagerie en temps réel, constitueront les prochains jalons vers une application clinique potentielle.

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