Tesla perd 243 M$ après un accident mortel sous Autopilot
En avril 2019, sur la route de Card Sound en Floride, un véhicule Tesla équipé du système Autopilot percutait un véhicule arrêté, tuant Dillon Angulo et sa compagne Naibel Benavides. Le conducteur du Tesla, George McGee, affirmait avoir activé l'assistance de conduite automatique. Dès les premières heures, les enquêteurs ont constaté que les données critiques du boîtier de calcul, censées reconstituer la perception du système juste avant l'impact, manquaient. Tesla a initialement déclaré que le fichier était corrompu, entravant considérablement l'enquête judiciaire. Plusieurs années plus tard, l'équipe juridique des familles a fait appel à un expert indépendant en récupération de données. L'analyse matérielle a révélé que le système avait bel et bien détecté les piétons, le panneau d'arrêt et le véhicule immobilisé, mais n'a généré aucun avertissement ni activé le freinage d'urgence. Cette vidéosimulation reconstruite a servi de pièce centrale lors du procès. Devant les tribunaux, les avocats des plaignants ont contesté les pratiques commerciales de Tesla, soulignant que le système, classé niveau 2 d'automatisation, exigeait une surveillance constante du conducteur, contrairement au message promotionnel diffusé par la firme. Tesla a toujours maintenu que la responsabilité incombait exclusivement au conducteur, qui aurait excédé la vitesse limite. Malgré cette défense, en août 2026, le jury a rendu un verdict historique, tenant Tesla pour responsable à hauteur de 33 %. Le constructeur a été condamné à verser 243 millions de dollars de dommages et intérêts, dont une part punitive significative. Il s'agit du premier jugement condamnant directement le fabricant pour un décès lié au fonctionnement d'Autopilot. Ce procès a déclenché une vague de scrutin réglementaire. La National Highway Traffic Safety Administration et le Département de la Justice ont intensifié leurs enquêtes sur les allégations de commercialisation trompeuse et les défaillances techniques. Les inspections ont notamment mis en lumière l'absence de géorepérage contraignant et des capteurs caméra jugés insuffisants face aux obstacles immobiles. Parallèlement, des accidents similaires impliquant des modèles récents ont relancé le débat sur la fiabilité réelle de ces technologies et la nécessité de garde-fous matériels plus stricts. Pour les familles concernées, la bataille juridique représente une quête de vérité et de responsabilité. Tandis que Tesla annonce son intention de faire appel, le verdict marque un tournant pour l'industrie automobile. Il rappelle que la course à l'automatisation ne doit pas se faire au détriment de la transparence technique et de la sécurité routière, poussant constructeurs et régulateurs à repenser les standards de validation et d'information des conducteurs.
