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Première carte mondiale des herbiers marins grâce à l'IA

Une équipe de chercheurs dirigée par Jiwei Li, de l'Université d'État de l'Arizona, a publié dans la revue Nature la première carte mondiale à haute résolution des herbiers marins. Cette étude comble un vide historique en sciences marines en fournissant des données précises et cohérentes sur l'étendue et l'évolution de ces écosystèmes côtiers entre 2019 et 2024. Pour établir ce relevé planétaire, les scientifiques ont développé un modèle d'intelligence artificielle entraîné sur des images satellites. Ce système a été validé grâce à des relevés de terrain effectués par des plongeurs dans le monde entier, qui ont confirmé la présence des herbiers et leurs caractéristiques. Le traitement de millions d'images a été réalisé sur les supercalculateurs de l'université. La carte identifie la végétation avec une précision de dix mètres carrés, distingue les zones denses des zones clairsemées et permet une détection jusqu'à trente mètres de profondeur. Les résultats révèlent que près de soixante-dix pour cent des herbiers se concentrent dans les eaux de cinq pays : les États-Unis, les Bahamas, Cuba, l'Australie et l'Indonésie. Sur la période étudiée, la couverture végétale a diminué d'environ quatre pour cent, soit un rythme annuel d'un pour cent. Cette régression s'explique principalement par l'urbanisation côtière, les pollutions agricoles et les stress climatiques. Toutefois, certaines régions ont connu une récupération notable grâce à des projets de restauration écologique ou à l'amélioration de la transparence de l'eau. Les herbiers marins, souvent comparés à la forêt amazonienne sous-marine, jouent un rôle écologique fondamental. Leurs racines stabilisent les sédiments, protègent les littoraux de l'érosion et filtrent les polluants. Ils constituent également un puits de carbone majeur, stockant environ 640 téragrammes de carbone dans les premiers trente centimètres des sédiments, l'équivalent des émissions annuelles de cinq cents millions de véhicules. De plus, ils soutiennent la biodiversité marine et les activités halieutiques vitales pour les populations côtières. Cette cartographie ouvre la voie à une conservation ciblée et à une gestion fondée sur des données objectives. Actuellement, seulement vingt et un pour cent des herbiers sont protégés au sein d'aires marines, alors que près de quatre-vingts pour cent des pertes enregistrées ont eu lieu en dehors de ces zones. Les chercheurs soulignent que cette base de données servira directement à étendre les aires protégées, à intégrer les herbiers dans les mécanismes de compensation carbone et à orienter les politiques de biodiversité. Grâce à leur capacité de régénération rapide comparée aux récifs coralliens, ces écosystèmes représentent un levier d'action prioritaire pour atténuer le changement climatique et préserver la santé des océans.

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