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Anthropic accuse DeepSeek et d'autres géants chinois d'avoir volé ses modèles IA par distillation massive

Anthropic affirme que trois grands laboratoires chinois d’intelligence artificielle — DeepSeek, MiniMax et Moonshot AI — ont illégalement utilisé son modèle Claude pour améliorer leurs propres systèmes, dans ce qu’elle décrit comme des campagnes à grande échelle de « distillation » de modèles. Selon une déclaration publiée lundi, ces entreprises auraient exploité des dizaines de milliers de comptes frauduleux — environ 24 000 — pour générer plus de 16 millions d’échanges avec Claude, en violation des conditions d’utilisation et des restrictions géographiques. La distillation consiste à entraîner un modèle moins puissant à partir des sorties d’un modèle plus avancé, une pratique courante aux États-Unis, mais dont l’usage non autorisé par des concurrents étrangers inquiète fortement les développeurs américains. Anthropic souligne que ces tentatives sont de plus en plus sophistiquées et urgentes, et qu’elles mettent en lumière la nécessité d’une action coordonnée entre l’industrie, les décideurs politiques et la communauté internationale. L’entreprise a révélé des détails troublants : DeepSeek aurait cherché à créer des alternatives « exemptes de censure » pour des requêtes sensibles, tandis que MiniMax aurait rapidement ajusté sa stratégie après la sortie d’un nouveau modèle d’Anthropic, redirigeant presque la moitié de son trafic vers le système le plus récent en moins de 24 heures. Bien que Claude ne soit pas disponible commercialement en Chine, les entreprises concernées auraient trouvé des moyens d’y accéder, notamment via des contournements techniques. Anthropic a mis en place des systèmes de « fingerprinting comportemental » pour détecter ces activités, partage des données avec d’autres acteurs du secteur et développe de nouvelles mesures de défense. L’entreprise met aussi en garde contre les risques de sécurité : les modèles formés illégalement pourraient manquer de garde-fous essentiels, comme ceux destinés à prévenir l’élaboration de biarmes. Le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, est un fervent partisan des contrôles d’exportation des puces avancées, arguant que limiter l’accès aux puces de pointe (comme celles de Nvidia) empêche non seulement l’entraînement direct de modèles en Chine, mais aussi l’échelle des attaques de distillation. Cette position divise certains dirigeants technologiques, comme Jensen Huang, qui estime que ces restrictions n’empêchent pas la progression de l’IA chinoise. Par ailleurs, Anthropic fait face à des accusations liées à l’utilisation de contenus protégés pour entraîner ses modèles. En janvier, le Washington Post a révélé des détails sur un projet interne baptisé « Project Panama », décrit comme une tentative de numériser de manière destructive tous les livres du monde. En 2023, l’entreprise a réglé un recours collectif pour 1,5 milliard de dollars, sans admettre de faute. Ces controverses soulignent les tensions croissantes entre innovation rapide, propriété intellectuelle et responsabilité éthique dans le domaine de l’IA.

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