Thinking Machines s'empare du savoir de Meta
L'année 2025 marque un moment de tension intense dans le secteur de l'intelligence artificielle, caractérisé par un mouvement significatif de talents entre Meta et la jeune pousse Thinking Machines Lab (TML). Weiyao Wang, ancien employé de huit ans chez Meta impliqué dans des projets de perception multimodale comme SAM3D, a récemment démissionné pour rejoindre TML. Cette décision s'inscrit dans une tendance plus large où l'entreprise est en pleine expansion tout en s'approvisionnant massivement en expertise chez son concurrent. Thinking Machines Lab vient de conclure un contrat multibillionnaire avec Google Cloud lors de l'événement Google Cloud Next. Cet accord offre à la startup un accès privilégié aux dernières puces Nvidia GB300, la plaçant au même niveau d'infrastructure que les géants Anthropic et Meta. Bien que Meta ait tenté en vain d'acquérir TML il y a un an, l'entreprise semble désormais cibler ses anciens employés un par un. Parallèlement, les données révèlent que TML est en train de recruter plus de chercheurs chez Meta que dans toute autre entreprise, inversant ainsi la dynamique habituelle. Le profil de recrutement de TML met en lumière des noms majeurs du domaine. Soumith Chintala, ancien directeur technique de Meta pendant onze ans et co-fondateur du framework d'apprentissage profond PyTorch, a rejoint l'entreprise fin 2025 pour y assumer le rôle de directeur technique. Piotr Dollár, un vétéran de onze ans chez Meta ayant contribué au modèle Segment Anything, a également rejoint le staff technique. D'autres figures clés comme Andrea Madotto, spécialiste des modèles de langage multimodaux, et James Sun, ingénieur logiciel expert en pré-entraînement de grands modèles de langage (LLM), ont fait le saut. L'attrait de TML ne se limite pas à Meta. L'équipe s'est enrichie de talents issus de divers horizons prestigieux, incluant le co-fondateur de Cognition, Neal Wu, Jeffrey Tao venant d'OpenAI et Waymo, ainsi que des experts d'Apple, Microsoft et Anthropic. Avec un effectif total d'environ 140 personnes, la startup affiche une croissance rapide. Le moteur de cette mobilité réside probablement dans l'équation financière. Alors que Meta offre des packages salariaux à sept chiffres sans restrictions, TML présente un potentiel de valorisation élevé. L'entreprise est désormais évaluée à 12 milliards de dollars, un chiffre impensable pour une startup à ce stade dans d'autres cycles technologiques, surtout compte tenu du fait qu'elle n'a encore lancé qu'un seul produit. Face aux valorisations record d'OpenAI et Anthropic, les chercheurs perçoivent chez Thinking Machines Lab une opportunité d'upside financier considérable. Une porte-parole de TML a décliné de commenter cette situation spécifiquement.
