Patch cardiaque à domicile
Une équipe d’ingénieurs de l’Université Nouvelle-Galles du Sud a développé AusculPatch, un capteur corporel ultra-léger pesant seulement 3,2 grammes et mesurant 20 sur 47 millimètres. Destiné à être fixé sur le thorax ou une artère périphérique grâce à un adhésif médical, ce patch flexible permet de surveiller en continu les fonctions cardiaques et respiratoires au domicile du patient. Les résultats de ce prototype ont été publiés dans la revue Nature Communications. Le dispositif remplace le stéthoscope traditionnel en captant les micro-vibrations mécaniques générées par les battements cardiaques, la respiration et l’écoulement sanguin à travers les tissus. Contrairement aux microphones standards, le capteur en silicium ultra-fin est optimisé pour les très basses fréquences et intègre un système de blindage directionnel qui réduit considérablement les interférences avec le bruit ambiant. Les essais préliminaires menés sur des participants sains confirment sa fiabilité : les données recueillies correspondent étroitement à celles fournies par des électrocardiogrammes, des échographies et des tonomètres, et ce, même lors d’activités physiques ou dans des environnements bruyants. Cette technologie vise à répondre aux limitations des consultations médicales ponctuelles, souvent trop courtes pour détecter des anomalies intermittentes. Elle permet un suivi longitudinal idéal pour les patients atteints de maladies cardiovasculaires ou respiratoires chroniques, en particulier dans les régions éloignées. En détectant précocement les signes avant-coureurs, AusculPatch pourrait réduire la fréquence des visites hospitalières et améliorer les pronostics cliniques. Une intégration future avec l’intelligence artificielle constituera une étape majeure. En analysant les flux de données physiologiques recueillis en continu, les algorithmes d’apprentissage automatique pourront identifier des schémas anormaux et alerter automatiquement les patients et leurs médecins avant l’apparition de symptômes graves. Des expériences préliminaires ont d’ailleurs montré que le capteur peut également enregistrer les vibrations des cordes vocales, ouvrant la voie à des applications futures pour le suivi des troubles de la parole. Bien qu’encore au stade de la recherche, AusculPatch entre désormais dans une phase de validation clinique plus poussée. Une première étude impliquant environ deux cents patients, principalement souffrant de pathologies valvulaires ou d’assistances cardiaques, est prévue cette année, avant une extension à mille participants sur les années suivantes. Les auteurs estiment qu’une homologation médicale et un déploiement clinique complet nécessiteront encore quatre à cinq ans. Une version grand public orientée bien-être pourrait toutefois voir le jour plus rapidement, offrant au marché technologique une nouvelle méthode non intrusive pour le suivi santé domestique.
