Le nouveau directeur de la banque énergétique américaine redéfinit la politique énergétique : vers un retour sur le charbon, le nucléaire et la lutte contre la domination chinoise des minéraux stratégiques
Le plus grand organisme mondial de financement énergétique a un nouveau responsable : voici comment cela pourrait influencer la politique américaine. Under Donald Trump, l’agence, rebaptisée Energy Department Financing (EDF), a connu une transformation radicale. Son nouveau directeur, Beard, a entamé une « reprise » de l’ensemble des prêts accordés sous l’administration Biden, dont la majorité avait été approuvée entre le scrutin de novembre 2024 et la prise de fonction. Selon le Département de l’Énergie, ce processus a affecté plus de 80 % du portefeuille de l’ère Biden, soit environ 83,6 milliards de dollars, principalement destinés à des projets réduisant les émissions. Environ 30 milliards de dollars de promesses de prêt ont été annulées ou retirées par les demandeurs, tandis que 53 milliards ont été restructurés. L’objectif, selon Beard, était de protéger les contribuables et de recentrer les investissements sur l’abordabilité et la fiabilité énergétique. « Ce n’est pas un revirement de politique, c’est la protection des deniers publics », a-t-il affirmé. L’EDF, créée en 2005, a longtemps servi de pont pour les entreprises américaines aux projets risqués, offrant une validation gouvernementale qui facilitait l’accès à d’autres financements. Elle a connu des succès, comme le prêt à Tesla en 2010, mais aussi des échecs notoires, notamment avec Solyndra. Sous Biden, elle avait été considérablement renforcée, avec une augmentation quadruplée du personnel et une multiplication par dix des fonds disponibles grâce à l’Inflation Reduction Act. Sous Trump, elle a adopté une nouvelle orientation, abandonnant l’approche climatique jugée « une arnaque » par le président. L’agence se concentre désormais sur six domaines : nucléaire, charbon, pétrole, gaz et hydrocarbures, matières critiques, géothermie, réseau et transmission, ainsi que fabrication et transports. L’EDF est désormais « ouverte aux affaires », avec environ 80 dossiers actifs en cours de traitement, dont certains ont été réorientés pour répondre aux priorités actuelles. Trois prêts ont déjà été délivrés à AEP, Constellation Energy et Wabash Valley Resources, tous issus de l’administration précédente. Beard prévoit un rythme accéléré, avec une annonce prochaine annonçant le plus grand prêt de l’histoire de l’agence. Le focus actuel porte sur l’abordabilité, la fiabilité du réseau et la production accrue d’électricité. Ce changement intervient alors que les prix de l’électricité augmentent plus vite que l’inflation, alimentant une préoccupation grandissante des électeurs. La demande énergétique s’envole en raison de l’essor de l’intelligence artificielle, de la relocalisation de l’industrie et de l’électrification généralisée. Les tempêtes plus fréquentes et intenses, liées au changement climatique, ajoutent à la pression sur le réseau. Le gouvernement a lancé plusieurs initiatives, comme l’ordre donné au Département de la Défense de maintenir en fonction des centrales à charbon. Beard insiste sur la nécessité de moderniser les installations existantes plutôt que de les fermer, et de relancer la construction de nouvelles centrales. Il souligne aussi l’importance du nucléaire, source d’énergie décarbonée et fiable, avec un facteur de capacité supérieur à 90 %, bien au-dessus de celui du solaire (23 %) ou du vent (34 %). L’EDF a déjà approuvé un prêt de 1 milliard de dollars à Constellation pour relancer le réacteur Three Mile Island, désormais nommé Crane Clean Energy Center, ainsi que des prêts à Southern Company et Holtec. Des entreprises comme Westinghouse prévoient la construction de 10 réacteurs à partir de 2030. Un autre axe majeur est la réduction de la dépendance aux minéraux stratégiques dominés par la Chine. L’EDF soutiendra les projets visant à briser ce monopole, notamment dans les domaines des batteries, de l’IA et du réseau. Beard affirme que « tout est sur la table » pour relancer l’industrie nucléaire, aidée par l’extension du crédit d’impôt pour l’investissement. Malgré une réduction du personnel, il assure que la qualité et la rapidité des prêts ne seront pas compromises, grâce à une stratégie axée sur des projets réplicables et rentables. « Je suis un investisseur professionnel, et mon devoir est de soutenir des projets qui profitent aux Américains et seront remboursés », conclut-il.
