Oracle et puces en baisse après les résultats d'OpenAI
Des parts d'entreprises liées à l'infrastructure d'intelligence artificielle ont chuté lors des échanges anticipés de ce mardi, suite à un rapport indiquant qu'OpenAI a manqué ses objectifs de croissance internes. Cette nouvelle suscite des interrogations sur la viabilité à long terme des dépenses massives observées dans le secteur de l'IA. Oracle a connu une baisse de 7,5 % en pré-marché. L'entreprise est engagée dans un partenariat pluriannuel de cinq ans d'une valeur de 300 milliards de dollars pour fournir la puissance de calcul nécessaire aux opérations d'OpenAI. Les fabricants de semi-conducteurs ont également été touchés. Nvidia, Broadcom et Advanced Micro Devices ont vu leurs actions baisser entre 2 % et 5 %. Qualcomm, qui avait bénéficié lundi d'une légère hausse sur des rumeurs de collaboration avec OpenAI pour des puces destinées aux smartphones, a reculé de 3,5 %. CoreWeave, une société spécialisée dans le cloud dédiée à l'IA, a chuté de 7 %. En Asie, SoftBank Group, l'un des principaux investisseurs d'OpenAI, a perdu environ 10 % de sa valeur. Selon le Wall Street Journal, OpenAI a récemment dépassé ses propres projections en matière de croissance des utilisateurs et de revenus. Ce déficit a provoqué des inquiétudes au sein de l'entreprise concernant sa capacité à honorer ses engagements financiers colossaux pour le développement de centres de données et la sécurisation de capacités de calcul durables. Sarah Friar, la directrice financière d'OpenAI, a averti ses collaborateurs que si la croissance des revenus ne s'accélère pas rapidement, l'entreprise pourrait rencontrer des difficultés pour financer ses futurs accords de calcul. Ce rapport suscite des questions sur la capacité d'OpenAI à remplir ses obligations infrastructurelles massives, comme l'a noté Adam Crisafulli, trader chez Vital Knowledge. Il a souligné que les préoccupations actuelles portent sur la soutenabilité du rythme actuel des investissements dans le secteur. La dynamique de marché actuelle reflète une prise de conscience des limites potentielles du modèle économique de l'IA, où des investissements initiaux gigantesques doivent être rapidement rentabilisés par l'adoption massive des services. Les analystes observent que la tension entre les besoins en puissance de calcul et les revenus générés reste le point de friction majeur pour les acteurs technologiques en 2024. Les chutes de bourse récentes signalent une révision prudente des anticipations du marché, qui s'interroge désormais sur la capacité des géants de la technologie à maintenir un tel élan financier sans compromettre leur santé économique future. L'impact de cette nouvelle s'étend bien au-delà d'OpenAI, affectant toute la chaîne de valeur de l'infrastructure numérique. La baisse des actions de ces entreprises majeures illustre la sensibilité du marché aux performances réelles des modèles d'affaires de l'intelligence artificielle, au-delà des promesses technologiques. Les investisseurs attendent désormais des signes concrets de la capacité d'OpenAI à aligner sa croissance des revenus avec ses engagements contractuels et ses plans d'expansion infrastructurelle.
