Google lance un bond record en IA : 180 milliards de dollars d’investissements en 2026 pour alimenter son empire GenAI
Google accélère sa transformation cloud grâce à ses « GenAI Turbochargers », marquant une nouvelle ère où l’informatique devient une infrastructure fondamentale, au même titre que l’énergie, les transports, la nourriture ou la santé. Cette évolution s’accompagne d’un investissement massif en capital, illustré par les chiffres clés du quatrième trimestre 2025. Alors que le secteur énergétique, déjà très intensif en capitaux, dépense en moyenne environ 25 % de son chiffre d’affaires en investissements, les hyperscalers — Amazon, Google, Meta, Microsoft et Oracle — dépensent près de la moitié de leurs revenus en dépenses d’équipement (capex). Pour Google, cette tendance s’accentue : le capex prévu pour 2026 s’élève à 175 à 185 milliards de dollars, soit près du double de l’investissement de 2025 (91,45 milliards), et plus de 1,7 fois celui de 2024. Cette escalade s’explique par la montée en puissance de l’intelligence artificielle générative. Depuis des années, Google intègre l’IA dans ses moteurs de recherche et ses services publicitaires, tout en développant ses propres unités de traitement tensoriel (TPU), désormais à leur septième génération (Ironwood). Ces puces spécialisées permettent de traiter des requêtes d’inférence à une vitesse sans précédent : 7 milliards de tokens par minute au troisième trimestre 2025, puis 10,3 milliards au quatrième trimestre — soit une augmentation de 43 %. En cumulé, Google a traité 917,3 billions de tokens au T3, puis 1 310,4 billions au T4, exclusivement pour ses applications internes. Ces chiffres, révélés par Sundar Pichai, ne comprennent pas les calculs liés à l’entraînement des modèles ni l’usage interne de Gemini, dont les besoins sont probablement encore plus élevés. Face à un arrière-plan de revenus de 240 milliards de dollars et à une demande croissante de la part de ses clients cloud et de ses équipes de recherche (DeepMind), Google doit non seulement doubler ses investissements, mais aussi obtenir une amélioration de 1,5 fois en efficacité logicielle pour compenser la hausse de la charge. Une performance déjà atteinte en 2025 grâce à des optimisations logicielles qui ont accru la productivité de 1,8 fois. Les résultats financiers du quatrième trimestre 2025 sont impressionnants : 113,83 milliards de dollars de revenus (+18 %), 34,46 milliards de bénéfice net (+29,8 %), et 95,66 milliards de liquidités disponibles — une somme qui représente près de la moitié du capex prévisionnel de 2026. Le segment Google Cloud, quant à lui, a généré 17,66 milliards de dollars de revenus (+47,8 %), avec un bénéfice opérationnel de 5,31 milliards (+2,54 fois), soit un taux de rentabilité de 30,1 % — le plus élevé jamais atteint dans l’histoire du cloud de Google. Ces performances sont portées par l’adoption massive de l’IA dans les produits internes (recherche, publicité, YouTube), qui alimentent à la fois la demande et les revenus. Malgré la complexité d’implémentation, Google a réussi à maintenir l’IA au cœur de ses applications, profitant de la rentabilité de ses activités historiques pour financer son expansion cloud. Le marché s’attend à une croissance de 30 à 50 % pour Google Cloud en 2026, une performance qui pourrait même être dépassée. En résumé, Google ne se contente pas de vendre du cloud : il construit une infrastructure IA intégrée, autonome et ultra-évolutive. Si l’on considère que ses services internes utilisent déjà des ressources équivalentes à celles d’un géant cloud, la frontière entre « cloud » et « infrastructure interne » devient floue. Mais le pari est clair : continuer à investir massivement, améliorer l’efficacité, et transformer l’IA en moteur de croissance durable.
