Michael Burry s'attaque à l'essor de l'IA dans son nouveau blog, dénonçant un "folly glorieux" et un nouveau bubble à la mode du dot-com
Michael Burry, l'investisseur célèbre pour son rôle dans The Big Short, s'oriente désormais vers un nouveau chapitre : l'écriture. Il a lancé un blog payant sur la plateforme Substack, intitulé Cassandra Unchained. Ce projet devient désormais sa « seule priorité », promettant un regard approfondi sur ses analyses financières, ses projections sur les marchés et les bulles, souvent ancrées dans l’histoire et ses schémas récurrents. Dans ses deux premiers articles, Burry retrace ses origines et dévoile ses préoccupations actuelles. Le premier, intitulé Foundations : My 1999 (and part of 2000), évoque son passé de résident en neurologie à l’hôpital de l’université Stanford, où il consacrait ses nuits à l’investissement à la valeur. « Alors que je m’adonne à Cassandra Unchained, je me retrouve sur une route ancienne non empruntée », écrit-il, exprimant sa gratitude et son enthousiasme à redécouvrir ce chemin. Le second article, The Cardinal Sign of a Bubble: Supply-Side Gluttony, s’attaque directement à l’actuelle folie de l’intelligence artificielle. Burry la qualifie de « folie glorieuse » et promet d’approfondir l’analyse dans des billets ultérieurs. Il réfute l’argument courant selon lequel la bulle actuelle diffère de celle des années 2000 : alors que les entreprises du dot-com étaient généralement sans bénéfices, celles d’aujourd’hui seraient des « machines à fabriquer de l’argent ». Mais Burry rappelle que, à la fin des années 1990, le Nasdaq était dominé par des géants très rentables, les « Quatre Cavaliers » de l’époque : Microsoft, Intel, Dell et Cisco. Le problème n’était pas l’absence de profit, mais une surproduction catastrophique, combinée à une demande insuffisante. « Ce n’est pas si différent aujourd’hui, malgré les efforts pour le faire croire », affirme-t-il. Il pointe du doigt les « cinq chevaliers publics » de l’ère actuelle : Microsoft, Google, Meta, Amazon et Oracle, ainsi que plusieurs startups en plein essor, dont OpenAI, dirigée par Sam Altman. « Une fois encore, il y a un Cisco au centre de tout cela, avec les outils indispensables et une vision ambitieuse », écrit-il, en soulignant que Cisco a perdu 78 % de sa valeur lors du krach du dot-com. « Son nom, c’est Nvidia. » Il conclut cet article par une citation de Charlie Munger, le fidèle associé de Warren Buffett : « Si tu passes ton temps à crever des ballons, tu ne seras pas le plus populaire de la pièce. » Burry a annoncé son blog sur X, où il se fait appeler « Cassandra », en référence à la prêtresse grecque condamnée à prophétiser la vérité sans jamais être crue. Warren Buffett avait déjà qualifié Burry et John Paulson de « Cassandres » pour avoir prédit l’effondrement du marché immobilier au milieu des années 2000, déclenchant la crise financière mondiale. Récemment, Burry a mis fin à l’enregistrement de son fonds Scion Asset Management auprès de la SEC, fermant ainsi son hedge fund aux investisseurs extérieurs. Il est revenu sur X en octobre, après plus de deux ans d’absence, avec un message codé suggérant que la folie de l’IA est une bulle, et que « le seul coup gagnant est de ne pas jouer ».
