NASA teste ERNEST, un rover autonome pour la Lune
Le laboratoire JPL de la NASA a récemment mené avec succès des essais sur le sol du désert de Californie pour son prototype de rover ERNEST (Exploration Rover for Navigating Extreme Sloped Terrain). Cet engin compact de 1,2 mètre vise à préparer les futures missions lunaires et martiales en testant des systèmes de mobilité et d'autonomie de nouvelle génération. Lors de cette campagne, le rover a parcouru 26 kilomètres en 37 heures de conduite intermittente, atteignant une vitesse maximale de 1 kilomètre à l'heure. Ce rythme est dix fois plus élevé que celui des rovers actuels de la NASA sur Mars, comme Perseverance et Curiosity. Développé par les ingénieurs du JPL, ERNEST s'écarte du système de suspension traditionnel à bascule utilisé depuis les années 1990. Il repose sur une suspension active avec deux articulations motrices à l'avant. Ce mécanisme permet au rover d'adapter sa répartition de poids, de se déplacer latéralement et d'adopter différentes allures pour franchir des obstacles. Un système d'embrayage offre la possibilité de basculer vers un mode passif pour optimiser la consommation énergétique sur les terrains plats. Pour rendre cet engin véritablement autonome, l'équipe a eu recours à l'apprentissage par renforcement, une technique d'intelligence artificielle qui permet au robot d'apprendre par essais et erreurs. Avant les tests sur le terrain, les ingénieurs ont entraîné ERNEST dans un environnement de simulation numérique haute fidélité, reproduisant le comportement mécanique du rover face à divers sols. Après des milliers d'heures de tests virtuels, l'algorithme a permis au prototype de naviguer sans intervention humaine à travers des parcours parsemés de dunes, de rochers et de pentes abruptes. Issa Nesnas, technologue principal au JPL qui a dirigé la campagne, explique que ces essais visent à valider les composants matériels et logiciels nécessaires à l'exploration de vastes zones lunaires ou martiales autrefois inaccessibles. James Keane, scientifique planétaire spécialisé dans les missions sur la Lune, souligne que cette technologie pourrait permettre de véritables déplacements scientifiques étendus sur plusieurs dizaines de kilomètres. Hari Nayar, responsable de l'équipe ERNEST, précise que la conception initiale visait à améliorer les systèmes de mobilité en s'appuyant sur des recherches récentes sur l'interaction entre les véhicules et le terrain. Les travaux se poursuivent actuellement pour intégrer le contrôle intelligent de la suspension aux systèmes de navigation à long parcours. L'objectif est d'offrir aux futurs rovers la capacité de planifier des itinéraires optimaux, de gravir les obstacles franchissables et de contourner les zones dangereuses sans intervention terrestre. En combinant mobilité avancée et autonomie robotique, ERNEST pose les bases d'une nouvelle ère d'exploration robotique, promettant d'accroître significativement la portée et l'efficacité des missions d'exploration planétaire des prochaines décennies.
