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IA et désinformation : le ton prime sur la source

Une recherche menée par l'Université d'État de Washington démontre que l'intelligence artificielle peut efficacement corriger les fausses informations médicales en ligne, à condition d'adapter son ton aux croyances des utilisateurs. Publiée dans l'International Journal of Human-Computer Interaction, cette étude souligne que la forme prime sur le fond ou l'origine du message correctif. Les chercheurs ont constaté que le ton employé est plus déterminant que la source du correctif. Pour les personnes considérant l'IA comme un simple outil technique, une approche neutre et factuelle s'avère plus convaincante. À l'inverse, celles qui attribuent des caractéristiques humaines à l'IA répondent mieux à un ton empathique et compréhensif. Cette correspondance entre le style de l'agent numérique et le degré d'anthropomorphisme de l'utilisateur, défini comme la tendance à projeter des intentions humaines sur les machines, constitue le facteur clé de persuasion. Pour vérifier ces hypothèses, l'équipe dirigée par la professeur Porismita Borah a mené une expérience en ligne auprès de 857 parents d'enfants éligibles au vaccin contre le papillomavirus humain. Face à une affirmation erronée courante sur les réseaux sociaux concernant des risques neurologiques liés au vaccin, un agent IA a fourni des correctifs. Lorsque le ton utilisé correspondait aux attentes de l'utilisateur, le taux de réduction des méprises a significativement augmenté, indépendamment du fait que le correctif émanait théoriquement d'une IA ou d'un humain. Ces résultats offrent des pistes concrètes pour les plateformes numériques, les organismes publics et les médias. En intégrant une simple étape d'évaluation initiale permettant de mesurer le niveau d'anthropomorphisme des usagers, les systèmes pourraient automatiquement ajuster le style de leurs agents correctifs. Cette approche personnalisée vise à réduire les réactions défensives souvent déclenchées par les corrections perçues comme condescendantes ou purement mécaniques. La persistance de la désinformation médicale sur internet rend ces avancées cruciales. Comme le souligne la professeur Borah, lutter contre les fausses informations ne repose pas uniquement sur la précision des données, mais aussi sur la complexité des interactions humaines. Adapter le message au récepteur demeure une nécessité pour bâtir une confiance durable face à la prolifération des informations non vérifiées.

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