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La Chine lance une percée fulgurante dans l’industrie des interfaces cerveau-machine

L’industrie chinoise des interfaces cerveau-machine (ICM) connaît une progression rapide, dépassant progressivement les efforts américains comme ceux de Neuralink, malgré les annonces médiatiques de ce dernier. Alors que l’entreprise américaine se targue d’être pionnière, la Chine s’impose comme un acteur majeur en passant de la recherche à la commercialisation à grande échelle. Cette dynamique est portée par une nouvelle vague de startups, soutenues par un appui politique renforcé, des essais cliniques en expansion et un intérêt croissant des investisseurs. Phoenix Peng, fondateur de deux entreprises de pointe — NeuroXess, spécialisée dans les ICM implantables, et Gestala, qui développe des ICM ultrasonores non invasifs — incarne cette volonté d’innovation. Selon lui, la Chine a déjà mis en place des tarifs médicaux pour les ICM dans des provinces comme Sichuan, Hubei et Zhejiang, accélérant leur intégration dans le système national d’assurance maladie. Il prévoit une évolution future au-delà du traitement des maladies, vers une « augmentation humaine » grâce à une fusion profonde entre neuroscience et intelligence artificielle. Quatre facteurs expliquent cette accélération. Premièrement, un soutien politique fort, avec une coordination interministérielle pour harmoniser les normes techniques et la prise en charge par l’assurance maladie. En décembre 2025, une fondation nationale de 11,6 milliards de yuans (165 millions de dollars) a été annoncée lors du salon de Shenzhen pour financer la recherche et la commercialisation. Deuxièmement, l’accès à de vastes ressources cliniques : une population de patients importante, des coûts de recherche réduits et une mise sur le marché accélérée grâce à l’assurance maladie nationale, contrairement aux États-Unis où chaque assureur privé doit approuver individuellement un dispositif. Troisièmement, une industrie manufacturière mature, couvrant les semi-conducteurs, l’IA et les équipements médicaux, permettant un développement rapide et des prototypes efficaces. Enfin, une forte mobilisation d’investissements publics et privés : StairMed Technology a levé 48 millions de dollars en février 2025, BrainCo a déposé une demande d’introduction en Bourse à Hong Kong après avoir levé 287 millions de dollars, et Gestala prépare une levée de fonds en série angel. Le marché chinois des ICM devrait atteindre 530 millions de dollars (3,8 milliards de yuans) en 2025, contre 3,2 milliards en 2024, avec des projections de plus de 120 milliards de yuans d’ici 2040. Deux grandes catégories d’ICM émergent : les électrodes invasives, comme celles de NeuroXess ou Neuralink, offrant une précision neuronale élevée mais impliquant des risques chirurgicaux, et les systèmes non invasifs, comme ceux de BrainCo ou NeuroSky, plus sûrs mais moins précis. De nouvelles approches, notamment ultrasonore (Gestala, Merge Labs), magnétoencéphalographie, stimulation magnétique transcrânienne ou méthodes optiques, élargissent les possibilités. Ces solutions non invasives, plus acceptées par les patients, sont particulièrement prometteuses pour des pathologies fréquentes comme la douleur chronique, les accidents vasculaires cérébraux ou la dépression. Gestala a déjà observé une réduction de 50 % de la douleur après une seule séance, avec des effets durant une à deux semaines. Des acteurs comme Zhiran Medical, soutenue par HongShan Capital, cherchent à améliorer la durabilité des implants grâce à des électrodes souples réduisant l’inflammation. Selon Yang Yunxia, partenaire chez HongShan, le succès dépend moins de la technologie ultra-avancée que de sa faisabilité commerciale et de sa capacité à devenir un business durable. À court terme, la Chine devrait aligner ses réglementations sur les standards internationaux (IEC, ISO, FDA), renforcer la protection des données et les exigences d’informed consent, tout en facilitant les approbations pour les ICM non invasifs. L’avenir de l’ICM en Chine s’annonce donc non seulement technologiquement prometteur, mais aussi économiquement et réglementairement structuré.

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