Tesla Cybercab en production : pourquoi Elon Musk freine ?
La production du Cybercab de Tesla a débuté au début du mois à la Gigafactory d'Austin, au Texas, marquant une étape officielle pour le robotaxi sans volant de la société. Cependant, Elon Musk a adopté une posture inhabituellement prudente quant au déploiement de ce service, s'éloignant de son habituel optimisme exubérant. Lors d'un appel aux résultats récents, le PDG a souligné que le principal facteur limitant l'expansion est la validation rigoureuse nécessaire pour garantir une sécurité totale, affirmant que l'entreprise ne veut qu'aucun blessé ne survienne lors du lancement. Cette prudence contraste avec les promesses passées de Musk, qui prédisait fréquemment l'arrivée imminente d'une conduite entièrement autonome sans intervention humaine. Bien que Tesla ait rapporté au moins 14 incidents de collision impliquant ses robotaxis depuis leur lancement à Austin l'an dernier, l'entreprise ne divulgue pas les détails complets de ces accidents, contrairement à d'autres opérateurs du secteur. De plus, plusieurs agences gouvernementales ont enquêté sur les revendications de Tesla concernant la conduite autonome, et le système de conduite autonome complète supervisée (FSD) fait face à un risque élevé de rappel obligatoire. Musk a admis que la production initiale du Cybercab, ainsi que celle du camion Semi, suivra une courbe de croissance lente avant de s'accélérer vers la fin de l'année et l'année suivante, en raison des nouveaux chaînes d'approvisionnement et des exigences techniques. En dépit d'une déclaration antérieure promettant que 50 % de la population américaine aurait accès au service d'ici la fin 2025, le déploiement actuel se limite à quelques villes comme Austin, Dallas et Houston, avec une service de covoiturage à San Francisco accessible uniquement sur invitation. Un obstacle réglementaire majeur persiste : le manque de commandes traditionnelles, telles que le volant et les pédales, nécessite des dérogations fédérales qui limitent la production à 2 500 véhicules par entreprise. Lars Moravy, vice-président de l'ingénierie des véhicules, a indiqué que le Cybercab ne serait pas soumis à ce plafond, suggérant que Tesla s'auto-certifie comme conforme aux normes de sécurité existantes. Cette approche rappelle celle d'Amazon Zoox, dont l'enquête de l'administration nationale de la sécurité routière a été clôturée après le changement d'administration présidentielle. Enfin, Musk a oscillé entre prudence et promesses lors de l'appel aux résultats. Il a reconnu que les revenus du Robotaxi ou de la conduite autonome non supervisée ne seront pas significatifs cette année, mais devraient l'être de manière substantielle l'année prochaine. Il a également précisé que la version 15 du logiciel FSD, nécessitant une refonte complète de l'architecture logicielle, devrait être disponible d'ici la fin de cette année ou au début de la suivante. Cependant, il a contraint d'admettre que des millions de véhicules équipés du matériel informatique de 2019 à 2023 ne pourront pas atteindre l'autonomie non supervisée sans rétrofit sérieux, contredisant ainsi ses engagements antérieurs. Cette approche plus nuancée semble refléter la réalité complexe de la technologie actuelle et des défis réglementaires persistants.
