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JUPITER : le supercalculateur exascale européen en action

Dédié à la recherche scientifique, JUPITER, premier supercalculateur exascale européen installé au centre de recherche de Jülich en Allemagne, confirme sa puissance opérationnelle dès sa première année d'activité. Équipé de processeurs NVIDIA Grace Hopper et d'un réseau InfiniBand Quantum-X800, il sert de plateforme centrale à quatre projets phares présentés lors du salon ISC à Hambourg. Ces initiatives illustrent concrètement les applications industrielles et scientifiques du calcul exascale, désormais passé du stade expérimental à la production. Dans le domaine des neurosciences, l'équipe CytoNet, dirigée par Katrin Amunts et Christian Schiffer, a entraîné un modèle fondateur d'intelligence artificielle pour cartographier la microarchitecture du cerveau humain à l'échelle cellulaire. En seulement cinq jours et avec 6,5 pétaoctets de données issues de 21 cerveaux post-mortem traités par 4 096 puces, le système permet de relier la structure neuronale à l'organisation fonctionnelle du cerveau. Les chercheurs prévoient désormais de développer des assistants IA multimodaux capables d'interroger directement les données neuroscientifiques, transformant la méthode de recherche expérimentale. En climatologie, la configuration ICON a remporté le prix Gordon Bell pour sa capacité à simuler un système terrestre couplé incluant l'océan, l'atmosphère, les terres et le cycle complet du carbone avec une résolution d'un kilomètre. Développé par un consortium international, le modèle fonctionne sur 20 480 processeurs et établit un nouveau record mondial, générant l'équivalent de 146 jours de simulation climatique en 24 heures de calcul. Cette précision inédite révèle des phénomènes physiques à petite échelle, essentiels pour comprendre les échanges de carbone et la régulation des écosystèmes marins face au changement climatique. Parallèlement, JUPITER accompagne l'évolution des télécommunications. Une collaboration annoncée en mars avec Ericsson vise à concevoir des architectures IA inspirées du cerveau pour optimiser les réseaux 5G et préparer la 6G. L'objectif est de réduire la consommation énergétique tout en gérant la complexité des infrastructures radio via des inférences IA efficaces en périphérie de réseau, s'appuyant sur des concepts d'architecture supercalculatrice modulaire. Enfin, le centre a établi un nouveau record en simulation quantique avec JUQCS-50, un emulateur capable de modéliser un ordinateur quantique universel de 50 qubits, dépassant le précédent seuil de 48. Cette performance est rendue possible par l'architecture mémoire unifiée des puces Grace Hopper, permettant un transfert fluide des données entre processeurs et graphiques au-delà des capacités standard des mémoires GPU. Dirigé par Kristel Michielsen, ce projet servira de banc d'essai public pour tester et optimiser les algorithmes quantiques avant leur déploiement sur des matériels réels. Rassemblant des applications aussi variées que la neuroscience, la climatologie, les télécommunications et l'informatique quantique, JUPITER démontre la maturité du calcul exascale. Thomas Lippert, directeur du centre de Jülich, souligne que l'Europe ne se contente pas d'entrer dans cette nouvelle ère, mais s'y positionne comme leader grâce à une polyvalence scientifique inégalée. La plateforme confirme définitivement le rôle des architectures NVIDIA Grace Hopper comme moteur incontournable de la recherche de pointe à l'échelle mondiale.

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