SPJ réactualise son code d'éthique pour l'ère de l'IA
La Société des journalistes professionnels a entamé, en juin 2026 à Indianapolis, la première révision majeure de son code de déontologie depuis 2014. Ce processus d'un an vise à adapter les standards de la profession à un environnement médiatique transformé par l'intelligence artificielle, la montée en puissance des créateurs de contenu indépendants et la défiance croissante du public envers les informations. Malgré ces bouleversements, les quatre piliers historiques restent inchangés : rechercher la vérité et la rapporter, minimiser les dommages, agir en indépendance et faire preuve de responsabilité et de transparence. Le texte a toutefois été significativement étoffé. Une nouvelle disposition précise que ni la rapidité, ni les outils technologiques, ni le canal de diffusion ne sauraient justifier une imprécision ou une injustice. Les rédacteurs restent intégralement responsables de leurs publications, quel que soit le degré d'assistance algorithmique utilisé. Pour assurer une longévité du code face à l'évolution rapide des logiciels, l'intelligence artificielle n'y est pas nommément citée, au profit d'une mention générique sur les technologies et outils. Cette mise à jour répond directement à la redéfinition du métier de journaliste. Un tiers des praticiens exerce désormais en freelance ou en tant que créateur de contenu, échappant aux rédactions traditionnelles qui se contractent financièrement. Bien que volontaire et non contraignant, ce cadre s'adresse désormais à l'ensemble de l'écosystème informatif, incluant les influenceurs et les investisseurs privés entrant dans le secteur. L'objectif affiché est de restaurer la confiance publique en imposant des garde-fous éthiques face à la désinformation, aux images fabriquées et à la manipulation. Parmi les ajustements les plus débattus figure le remplacement de l'expression donner la parole aux sans-voix par une injonction à tenir courageusement les puissants responsables et contrer la marginalisation injuste des groupes vulnérables. Cette réécriture corrige une vision jugée paternaliste en reconnaissant que ces communautés possèdent déjà une voix, souvent ignorée ou invisibilisée par les circuits médiatiques dominants. Approuvé en comité et actuellement soumis à consultation, le projet sera soumis au vote final en octobre 2026. Les dirigeants de l'organisation affirment que ces principes demeurent essentiels, non seulement pour les journalistes formés, mais aussi pour les futurs rédacteurs et les décideurs politiques. Dans un contexte où la production informationnelle est massivement automatisée, ce code révisé vise à positionner l'éthique professionnelle comme le rempart indispensable face à la désinformation, garantissant que la quête d'exactitude et d'impartialité reste le fondement de tout contenu publié.