NASA lance un robot pour secourir le télescope Swift
La NASA et la start-up Katalyst lancent une mission robotique audacieuse pour tenter de sauver le télescope spatial Neil Gehrels Swift, en train de redescendre vers l'atmosphère terrestre et menaçant de s'y consumer. Lancé en 2004 pour une durée de vie initiale de deux ans, l'observatoire, conçu pour étudier les sursauts gamma, évolue désormais à une altitude trop basse où les frottements atmosphériques réduisent progressivement son orbite. Face à cette échéance, les scientifiques, reconnaissant sa valeur unique pour la communauté astronomique, ont décidé d'intervenir. La manœuvre, dont le coût est estimé à 30 millions de dollars pour préserver un instrument initialement développé à 250 millions, repose sur le déploiement d'un robot nommé LINK. Embarqué à bord d'un avion larguant un lanceur Pegasus au-dessus du Pacifique, ce véhicule spatial atteindra l'orbite du télescope, le repérera et s'y fixera à l'aide de trois bras articulés. Durant un processus d'au moins un mois, il devra hisser le satellite d'environ 300 kilomètres vers une trajectoire plus stable, le préservant ainsi d'une désintégration imminente. Les ingénieurs font face à plusieurs incertitudes, notamment l'absence de plans précis sur la face arrière du télescope, là où le robot devra s'accrocher. Regina Caputo, astrophysicienne à la NASA, estime les chances de succès à environ cinquante pour cent. Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division astrophysique de la NASA, a salué l'effort, soulignant la volonté de tenter ce sauvetage malgré les risques. La mission, qui pourrait se prolonger jusqu'à l'automne, marque une première pour ce type d'opération spatiale. Au-delà de la survie du Swift, cette initiative représente un tournant potentiel pour l'industrie spatiale. Robert Lamontagne, vice-président de Katalyst, y voit le début d'un nouveau modèle de gestion des satellites, capable de ravitailler, repositionner, réparer et même améliorer des engins jamais conçus pour la maintenance en orbite. Si l'opération aboutit, elle pourrait ouvrir la voie à la prolongation de la durée de vie d'autres instruments scientifiques et commerciaux, transformant la gestion du trafic orbital et réduisant la production de déchets spatiaux.