Californie sanctionne les voitures sans chauffeur
La Californie a annoncé de nouvelles régulations visant à sanctionner les véhicules autonomes en infraction. Jusqu'à présent, lorsque ces voitures sans conducteur enfreignaient les lois routières, la police ne pouvait pas leur dresser d'amende car il n'y avait pas de conducteur à interpeller. Cette situation prend fin avec l'entrée en vigueur, le 1er juillet 2024, de nouvelles règles établies par le département des véhicules motorisés de l'État (DMV). Ces mesures constituent la réglementation la plus complète aux États-Unis concernant les véhicules autonomes et découlent d'une loi plus vaste adoptée en 2024 pour encadrer cette technologie. Sous ce nouveau régime, les forces de l'ordre sont habilitées à délivrer une « notice de non-conformité » directement aux fabricants des véhicules concernés en cas d'infraction au code de la route commise par une voiture autonome. Les entreprises doivent désormais répondre aux appels de la police ou des services d'urgence dans un délai de trente secondes. De plus, des pénalités financières seront appliquées si un véhicule autonome pénètre dans une zone d'urgence active. Steve Gordon, directeur du DMV, a souligné que ces mises à jour renforcent l'engagement de l'État en faveur de la sécurité publique, tout en maintenant sa position de leader dans le développement de cette technologie. Ces décisions font suite à plusieurs incidents récurrents soulevant des inquiétudes. En septembre dernier, à San Bruno, des policiers ont surpris un robotaxi Waymo faisant un demi-tour interdit juste sous leurs yeux. Bien que le véhicule ait été arrêté, les agents n'ont pas pu émettre d'amende traditionnelle et ont dû contacter la société pour signaler le dysfonctionnement. En décembre, une panne de courant massive à San Francisco a laissé de nombreux véhicules Waymo bloqués au milieu d'intersections fréquentées, aggravant les embouteillages et entravant les interventions d'urgence. Les pompiers locaux ont régulièrement critiqué la manière dont ces taxis autonomes bloquaient les routes lors de crises. Waymo, principal opérateur de robotaxis en conduite autonome dans la baie de San Francisco et le comté de Los Angeles, ainsi que Tesla, disposant de permis pour tester leurs systèmes dans certaines villes, sont directement concernés. La BBC a contacté ces deux géants du secteur pour obtenir leur réaction à ces nouvelles mesures. Ces régulations visent à combler le vide juridique laissé par l'absence de conducteur humain, obligeant les constructeurs à assumer la responsabilité civile et pénale des actes de leurs machines sur la voie publique.
