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Interface cerveau-machine : décryptage des neurones miroirs

Une nouvelle étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) a livré des éclairages inédits sur l'activité motrice observatrice du cerveau, souvent associée à la notion de neurones miroirs. Dirigée par des chercheurs de l'Université Brown, du Centre de neurotechnologie et de neuro-récupération de Mass General Brigham et du Centre de neurorestauration et de neurotechnologie de l'Armée américaine, cette recherche s'appuie sur les données de l'essai clinique BrainGate. Deux participants tétraplégiques, porteurs d'interfaces cerveau-ordinateur implantées dans leur cortex moteur, ont enregistré leur activité neuronale pendant qu'ils observaient des agents effectuant des mouvements de préhension. Les résultats montrent que l'intensité de cette activité observatrice est directement proportionnelle au degré de ressemblance humaine de l'agent observé. Une main humaine réaliste a provoqué la réponse neuronale la plus forte, tandis qu'une main robotique anthropomorphe, une pince mécanique à trois doigts et un cube généré des signaux progressivement plus faibles. Ces observations invalident l'idée d'une population de cellules neuronales spécialisée dans la seule observation des actions humaines. Au contraire, il s'agit d'un réseau neuronal distribué qui module sa réponse en fonction de stimuli visuels plus ou moins analogues au corps humain, que ce soit au niveau collectif ou cellulaire. L'étude met également en lumière des mécanismes cognitifs et contextuels. Lors des tentatives actives de préhension par les participants, l'activité motrice du cerveau est devenue dominante et similaire quel que soit l'agent observé, indiquant que l'intention de mouvement efface les signaux observationnels. Par ailleurs, une expérimentation avec des motifs de points abstraits a révélé un phénomène d'apprentissage cognitif : dès lors qu'un participant a pris conscience que la forme abstraite représentait une main, son activité neuronale a augmenté de manière significative. Cette découverte suggère que les indices contextuels du cerveau peuvent moduler les réponses visuelles, renforçant la plasticité de l'observatoire moteur. Ces travaux, encadrés par Jacob Gusman, auteur principal, et le professeur Leigh Hochberg, offrent des pistes concrètes pour l'optimisation des dispositifs d'assistance neurale. En comprenant comment le cerveau traite et interprète les retours visuels lors du contrôle de prothèses ou de bras robotiques, les ingénieurs pourront concevoir des interfaces cerveau-machine plus intuitives et efficaces pour les personnes atteintes de paralysie ou de lésions neurologiques. Au-delà des applications cliniques, cette recherche apporte une contribution majeure aux neurosciences fondamentales en redéfinissant le fonctionnement du cortex moteur face à l'observation, ouvrant la voie à une nouvelle génération de systèmes de neurorestauration.

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