Le DoE table sur un ordinateur quantique tolérant en 2028
Dans un contexte de recentrage budgétaire fédéral, le Dr Darío Gil, sous-secrétaire à la science au département de l'Énergie des États-Unis, pilote deux programmes technologiques prioritaires pour l'administration Trump : l'informatique quantique et l'intelligence artificielle. Fort d'un parcours à l'MIT et d'une expérience dirigeante chez IBM, Gil tente de concilier ambitions industrielles et confiance de la communauté scientifique. Répondant à un ordre exécutif présidentiel, le département vise la construction du premier ordinateur quantique tolérant aux pannes d'ici 2028, dédié à la résolution de problèmes scientifiques complexes. Parallèlement, il déploie la mission Genesis, un projet de 600 millions de dollars destiné à créer une plateforme d'IA unifiée. Cette architecture connectera les supercalculateurs, les jeux de données et les instruments scientifiques des dix-sept laboratoires nationaux, tout en intégrant les travaux des universités et des entreprises privées. La réponse de la recherche a été immédiate. Lors de l'appel à propositions de mars, plus de 5 000 candidatures ont été enregistrées, soit deux fois et demie le record historique du département. Le budget alloué par le bureau des Sciences du département, qui s'élève à 520 millions de dollars sur deux tranches, devrait distribuer 293 millions de dollars aux lauréats annoncés dans les semaines à venir. Néanmoins, Gil fait face au scepticisme des chercheurs qui craignent un détournement de fonds au détriment de la recherche fondamentale. Le directeur explique que l'augmentation des coûts structurels est en réalité liée à la maintenance et à la construction d'installations expérimentales, une tendance indépendante de la mission Genesis. Il précise que les budgets par discipline restent stables et que l'exigence actuelle est simplement d'intégrer systématiquement l'IA dans les futurs projets, sans transférer de ressources d'un secteur à l'autre. La question de la sécurité des systèmes d'IA revêt également une importance cruciale. Si l'administration privilégie globalement une régulation légère, des interventions ponctuelles, comme la récente restriction d'accès au modèle Fable 5 d'Anthropic, montrent une vigilance croissante face aux capacités croissantes des modèles. Face à ces enjeux, Darío Gil milite pour une approche proactive. Il encourage une collaboration étroite entre les entreprises technologiques et les pouvoirs publics afin d'anticiper les risques et de façonner activement le développement de l'intelligence artificielle. En combinant investissements ciblés et dialogue continu avec la communauté scientifique, Gil espère consolider la position des États-Unis comme leader mondial de la technologie quantique et de l'IA, tout en préservant l'équilibre de l'écosystème de la recherche fondamentale.
