Google renforce la lutte contre les escroqueries numériques en Inde, mais des lacunes persistent
Google renforce ses mesures de protection contre les escroqueries numériques en Inde, tout en laissant apparaître des lacunes importantes. L’entreprise a lancé une détection en temps réel des fraudes sur les appareils Pixel 9, intégrant l’intelligence artificielle Gemini Nano pour analyser les appels directement sur le périphérique, sans enregistrer ni envoyer les données vers ses serveurs. Cette fonctionnalité, désactivée par défaut, ne s’applique qu’aux appels provenant de numéros inconnus et émet un bip pendant la conversation pour alerter les participants. Elle était déjà disponible en version bêta aux États-Unis pour les utilisateurs anglophones des Pixel 9, et Google l’a désormais étendue à l’Inde, mais uniquement pour les appareils Pixel 9 et modèles ultérieurs, et exclusivement en anglais. Ce choix limite fortement son impact dans un marché où les appareils Android représentent près de 96 % du parc, contre moins de 1 % pour les Pixel en 2024, et où la majorité des utilisateurs préfèrent les langues locales. Google affirme travailler à étendre cette fonctionnalité aux autres smartphones Android, sans toutefois donner de calendrier. Par ailleurs, une nouvelle fonctionnalité de prévention des escroqueries par partage d’écran, testée initialement au Royaume-Uni, est désormais en phase pilote avec des applications financières indiennes comme Navi, Paytm et Google Pay. Elle alerte les utilisateurs lorsqu’un appel inclut une demande de partage d’écran, avec une option d’un clic pour couper la communication. Cette fonction sera disponible sur les appareils Android 11 et ultérieurs, et Google promet d’ajouter des langues locales dans les alertes. Depuis plusieurs mois, Google utilise aussi son service Play Protect pour bloquer plus de 115 millions d’installations d’applications prédatrices en 2025, notamment celles demandant des permissions sensibles exploitées dans les fraudes. Google Pay affiche quotidiennement plus d’un million d’alertes pour des transactions suspectes. Le groupe mène également la campagne de sensibilisation DigiKavach, qui a touché plus de 250 millions de personnes, et collabore avec la Banque centrale indienne (RBI) pour publier une liste officielle des applications de prêt numériques autorisées. En mars, Google a lancé une Charte de sécurité en Inde, visant à renforcer ses outils d’IA pour lutter contre la fraude. Malgré ces efforts, des lacunes subsistent. L’entreprise, comme Apple, est régulièrement critiquée pour la présence d’applications frauduleuses ou trompeuses sur le Play Store, malgré des processus de revue. Des applications d’investissement et de prêt utilisées dans des arnaques sont restées disponibles pendant des mois avant d’être retirées, soulignant les difficultés d’encadrement d’un écosystème dominé par Android. Ces faiblesses montrent que la protection technologique, bien qu’essentielle, ne suffit pas sans une surveillance continue, une régulation renforcée et une collaboration étroite avec les autorités locales.
