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Vatican : l'IA manipule les jeunes comme la cocaïne

Paolo Benanti, théologien moral et conseiller spécial du Vatican sur les questions d’intelligence artificielle, a alerté sur les risques cognitifs graves que présentent les technologies IA pour les jeunes générations. Lors d’une interview récente sur la chaîne BBC Newsnight, le frère franciscain, également membre de l’Académie pontificale pour la vie, a comparé l’impact psychologique de l’IA sur les enfants et les jeunes adultes à des addictions sévères, affirmant qu’il pourrait être bien plus nocif que la nicotine, le sucre ou la cocaïne. Selon lui, ces systèmes agissent comme de véritables outils de manipulation émotionnelle, exploitant un déséquilibre de pouvoir au profit des entreprises technologiques. Pour protéger les esprits en développement, Benanti plaide pour la mise en place de garde-fous réglementaires comparables aux casques obligatoires pour les trottinettes. Il propose un casque cérébral numérique et insiste sur la nécessité de traités internationaux pour encadrer le déploiement de l’IA. Il considère que la démocratie repose sur une population capable de former son propre jugement face aux faits, un principe menacé par une dépendance technologique croissante. Ses prises de position s’inscrivent dans la continuité du pape Léon, dont le pontificat place la préservation de la personne humaine au cœur du défi numérique. Plus tôt cette année, le souverain pontife a publié une encyclique de quarante mille mots intitulée Magnifica humanitas, mettant en garde contre la concentration du pouvoir technologique entre les mains d’une poignée d’acteurs et appelant à une IA sécurisée, accessible et au service de l’humain. Cette mise en garde trouve un écho dans plusieurs études récentes. Une enquête Deloitte menée auprès de 1 150 parents révèle que la moitié d’entre eux s’inquiètent de la dépendance de leurs enfants à l’IA, tandis que près de trente pour cent signalent déjà son utilisation dans les travaux scolaires. Du côté académique, des recherches de l’Institut de technologie du Massachusetts montrent que les étudiants recourant régulièrement à l’IA générative pour rédiger des dissertations obtiennent des résultats médiocres avec le temps, par rapport à ceux utilisant Google ou aucun outil. Parallèlement, une publication du Harvard Business Review signale que la gestion simultanée de plusieurs assistants IA entraîne chez certains professionnels une fatigue mentale, des céphalées et un ralentissement des capacités décisionnelles. Ces observations rejoignent les appels répétés de plusieurs dirigeants technologiques, dont Elon Musk, Sam Altman et Dario Amodei, pour un ralentissement volontaire du développement de l’IA et l’intégration d’évaluations de sécurité indépendantes. Face à ces constats partagés entre éthiciens, chercheurs et industriels, le débat s’oriente désormais vers la construction d’un cadre normatif mondial, visant à concilier innovation technologique et protection cognitive des populations vulnérables.

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