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OpenAI vise l’IPO avec un pari colossal : réussira-t-elle à transformer ses dépenses colossales en rentabilité ?

Depuis son lancement, OpenAI a suscité un engouement sans précédent, mais aussi des interrogations croissantes sur sa trajectoire vers la rentabilité. En dépit d’un chiffre d’affaires de 13 milliards de dollars, la société prévoit des dépenses de 1,4 trillion de dollars, un montant qui a fait réagir son investisseur Brad Gerstner. Trois mois plus tard, OpenAI vise un tour de table record de 100 milliards de dollars, avec des intérêts d’Amazon, SoftBank et Nvidia, dépassant ainsi le précédent record de 40 milliards en mars 2025. Une introduction en Bourse (IPO) est envisagée pour la fin de l’année, ce qui pourrait offrir un accès à un capital plus important, mais aussi exposer la société à une pression accrue pour justifier ses pertes. Pour certains analystes, le modèle est inquiétant. Charles Jaskel, fondateur de New Vintage Partners, estime qu’OpenAI n’a pas de voie réaliste vers la rentabilité à court terme. George Noble, ancien gestionnaire chez Fidelity, l’a qualifié de « destructeur de cash » sur X, tandis que Sebastian Mallaby prévient qu’il pourrait manquer d’argent dans les 18 mois. Selon Deutsche Bank, les pertes cumulées de 2024 à 2029 atteindraient 143 milliards de dollars, le plus grand déficit jamais enregistré par une start-up. HSBC anticipe un déficit de 207 milliards d’ici 2030, même avec des hypothèses optimistes. Le manque de rentabilité pèse aussi sur ses partenaires : Microsoft a vu 440 milliards de dollars de valeur boursière disparaître, en partie à cause de sa dépendance à OpenAI. Le cœur de la dépense réside dans le « compute » — la puissance de calcul nécessaire pour entraîner et exploiter les modèles d’IA. OpenAI a signé des accords pour plus de 30 gigawatts de capacité, près d’un tiers de la consommation totale de l’industrie en 2023. Sam Altman a même annoncé que des milliards seraient dépensés pour la construction de centres de données. Pourtant, certains investisseurs comme Ethan Choi de Khosla Ventures nuancent ces chiffres : seulement 600 milliards seraient à charge directe d’OpenAI, les 800 milliards restants étant assumés par des partenaires pour construire les infrastructures. Selon Choi, avec 14 gigawatts prévus d’ici trois ans, OpenAI pourrait générer jusqu’à 140 milliards de dollars de revenus annuels, basés sur une estimation de 10 milliards par gigawatt. Les défenseurs du modèle insistent sur l’importance stratégique du déploiement massif. Sarah Friar, directrice financière, affirme que le manque de puissance de calcul freinait la monétisation. L’essor de l’IA dépend de la capacité à se doter d’un écosystème diversifié et résilient. Rob Enderle, analyste indépendant, reconnaît que l’entreprise a fait ce que Google a mis sept ans à accomplir en deux ans, mais souligne le risque de « surinvestissement » dans des infrastructures rapidement obsolètes. La concurrence s’intensifie. Google, avec Gemini, gagne du terrain sur le plan consommateur, tandis qu’Anthropic s’impose auprès des développeurs grâce à Claude. Des modèles open-source chinois progressent rapidement, offrant des performances à moindre coût. Andrej Karpathy, ancien fondateur d’OpenAI, a même élogié Claude, soulignant que son impact sur son workflow de programmation était comparable à celui d’une révolution technique depuis deux décennies. OpenAI peine à maintenir une stratégie cohérente : après une phase d’expansion (applications, recherche, e-commerce, contenu adulte, puce maison), un « code rouge » interne en décembre a imposé une réorientation vers l’amélioration de ChatGPT. La récente mise en place d’annonces dans ChatGPT pour les utilisateurs gratuits illustre une pression accrue pour monétiser. À une estimation de valorisation entre 750 et 830 milliards de dollars, le succès dépend moins de la technologie que de la maîtrise du capital. Comme le note Steve Brotman d’Alpha Partners : « Beaucoup de choses doivent aller bien. » Pour l’instant, le pari d’OpenAI reste colossal — et risqué.

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