L’ère du "meh" pour l’IA : la réalité entre hype et patience des utilisateurs
L’intelligence artificielle peine à tenir ses promesses les plus extravagantes, mais cela ne signifie pas qu’elle est un échec. Selon Hugh Langley, de Business Insider, nous sommes désormais dans une phase « méh » où les attentes se calment face à la réalité. Trois ans après l’essor de ChatGPT, les prophéties d’un bouleversement immédiat de l’économie — avec la disparition de millions d’emplois, la fin des diplômes traditionnels ou la montée des métiers manuels — ont laissé place à une réalité plus nuancée. Une étude du MIT révèle ainsi que seulement 5 % des entreprises ont réussi à transformer l’IA en revenus concrets. Pourtant, cette lenteur n’est pas forcément un mal : comme le montre la fable de la tortue et du lièvre, l’innovation technologique progresse souvent de manière progressive, pas en un éclair. Les entreprises continuent d’investir massivement, car les enjeux financiers sont colossaux. Mais le coût monte, et la patience des utilisateurs pourrait être mise à rude épreuve. Dans les marchés, l’IA suscite des inquiétudes. Une enquête auprès de 500 stagiaires de Morgan Stanley montre que 96 % utilisent déjà des outils d’IA, dont plus de la moitié payent pour des versions premium. Pourtant, près d’un tiers craignent qu’elle ne remplace leurs emplois dans la banque d’investissement. Par ailleurs, les stratégistes de Goldman Sachs parlent d’un « cycle post-moderne » sur les marchés, marqué par une quatrième longue période de croissance depuis la Seconde Guerre mondiale, mais avec des dynamiques différentes. Enfin, les campagnes d’actionnaires militants, comme celle de Paul Singer (Elliott Management) sur Pepsi, semblent moins menaçantes qu’auparavant, bien que le fonds affirme que le cours pourrait doubler. En technologie, Amazon prépare un grand pas vers les agents intelligents. Des documents internes révèlent le développement de Quick Suite, une plateforme permettant aux entreprises de concevoir des agents IA sur mesure pour leurs besoins opérationnels. Plusieurs entreprises ont déjà eu accès à une version privée. À Meta, la directrice des politiques Christelle Dernon a quitté l’entreprise après une évaluation mitigée, disant que l’entreprise « a satisfait la plupart de ses attentes ». Enfin, la victoire de Google dans son procès antitrust, avec la confirmation de la conservation de Chrome, marque selon Peter Kafka un tournant : la pression contre les géants du tech semble s’essouffler. Dans le monde de l’entreprise, les collaborations entre marques deviennent de plus en plus audacieuses — comme le sac à main en forme de sachet de ketchup de Kate Spade ou la collection dorm room de Chipotle avec Urban Outfitters. Si ces alliances flirtent avec le kitsch, elles peuvent renforcer la crédibilité auprès des jeunes générations, à condition d’être authentiques. Instagram a enfin lancé une version dédiée à l’iPad, accueillie comme une « Cadillac du doomscrolling » par les utilisateurs. Enfin, le week-end à East Hampton révèle des tensions sociales liées à l’immensité des inégalités de richesse, malgré l’image idyllique de la côte. Les experts soulignent que l’IA n’est pas en crise, mais en phase d’assimilation. Comme l’ont montré les révolutions technologiques passées, la transformation arrive lentement, mais elle est inévitable. Le vrai défi n’est pas de croire aux promesses, mais de maintenir la confiance tout en construisant des applications réelles.
