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Interface cerveau-ordinateur détecte la conscience cachée

Des chercheurs de l'université de Bath, au Royaume-Uni, ont mis au point une nouvelle interface cerveau-machine capable de détecter une conscience cachée chez des patients incapables de parler ou de bouger après une lésion cérébrale grave. Publié dans la revue Communications Medicine, ce système utilise un casque d'électroencéphalographie portable pour analyser les ondes cérébrales et identifier des activités mentales intentionnelles, même en l'absence de tout mouvement physique. Contrairement aux évaluations cliniques traditionnelles qui reposent sur les réflexes ou le suivi du regard, et qui peuvent sous-estimer la conscience chez jusqu'à quarante pour cent des patients en état de conscience minimale, cette approche neurologique offre une méthode objective. L'étude, dirigée par le docteur Naomi du Bois et le professeur Damien Coyle, s'est concentrée sur les personnes atteintes de troubles prolongés de la conscience ou de syndrome d'enfermement, conditions où l'éveil peut être préservé sans être manifesté. La méthodologie se distingue par son approche structurée en plusieurs séances. Les participants sont invités à imaginer des mouvements spécifiques, comme lever le bras gauche ou soulever les deux pieds, générant des signaux cérébraux uniques. Un retour audio en temps réel confirme la détection du motif, permettant aux patients d'affiner leurs stratégies mentales au fil des sessions, à la manière de l'apprentissage d'une habitude motrice ou cognitive. Progressivement, le protocole intègre un système de questions fermées : un mouvement imagé signale oui, un autre non, explorant ainsi différentes capacités de raisonnement. Testée sur quarante-deux participants âgés de dix-sept à soixante-treize ans dans divers établissements britanniques et irlandais, la technique a démontré que la répétition et le renforcement améliorent significativement la fiabilité de la détection. Les chercheurs constatent que les signaux cérébraux deviennent plus clairs et plus constants après plusieurs évaluations, fournissant des preuves plus solides de la présence de conscience. Cette avancée ouvre la voie à un diagnostic plus précis et à une meilleure planification des rééducations. En complément des examens au chevet du patient, cette technologie pourrait également permettre à certains individus de communiquer des réponses basiques. Selon les auteurs, la flexibilité du cadre permet son utilisation en milieu clinique comme à domicile, posant les bases d'une nouvelle génération d'outils d'assistance pour les personnes lourdement dépendantes.

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