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ChatGPT Atlas : une navigation web assistée par IA prometteuse, mais encore maladroite

Le navigateur ChatGPT Atlas, dévoilé cette semaine par OpenAI, s’inscrit dans la course aux navigateurs d’intelligence artificielle, une catégorie déjà occupée par Perplexity Comet et Google Gemini intégré à Chrome. Bien que conçu pour placer ChatGPT au cœur de l’expérience web, l’outil peine à se démarquer des concurrents. Basé sur Chromium, il est actuellement réservé à macOS, avec des versions pour d’autres systèmes annoncées. Son interface minimaliste place sur la gauche une barre latérale repliable contenant l’historique des conversations, au centre se trouve la barre d’URL capable de lancer des recherches directes via ChatGPT, et à droite, un bouton « Demander à ChatGPT » pour interroger le modèle sur le site actuel. Les utilisateurs abonnés à ChatGPT Plus, Business ou Pro bénéficient d’un mode « agence » capable d’effectuer des tâches automatisées, comme ajouter des articles à un panier en ligne. Le site d’accueil propose des suggestions initiales, comme « Trouver les meilleurs restaurants à proximité », et s’adapte progressivement aux recherches effectuées. Toutefois, cette personnalisation reste incohérente : après plusieurs recherches sur les costumes de Halloween, le navigateur a suggéré des idées pour cette thématique, mais n’a jamais proposé de recommandations culinaires malgré des requêtes répétées. L’absence de fonctionnalités comme les actualités du jour ou la météo, présentes sur Edge ou dans la page « Découvrir » personnalisable de Comet, renforce l’impression de vide fonctionnel. Le principal défaut de ChatGPT Atlas réside dans sa qualité de recherche. Après une requête, l’IA fournit d’abord une réponse synthétique, puis propose une liste de dix liens web — sans possibilité d’aller au-delà. Ces résultats sont parfois erronés : une recherche « actualités près de chez moi » a renvoyé des sites locaux situés dans des villes où je ne réside pas. Bien que le navigateur affiche une carte avec des informations sur les lieux (horaires, tarifs, avis), il ne permet pas d’accéder aux critiques détaillées ni de vérifier leurs sources, contrairement à Comet qui intègre TripAdvisor. Les résultats sont également peu organisés : les différentes recherches sont empilées sans distinction claire, séparées par une ligne grise presque invisible. OpenAI a ajouté un lien vers Google dans chaque page de résultats, une reconnaissance implicite de ses limites. Le navigateur propose aussi des options de recherche d’images, vidéos et actualités, ainsi qu’une fonction « mémoires du navigateur » qui adapte les réponses aux recherches récentes. Il peut également réorganiser ou fermer automatiquement des onglets, voire les grouper. Sur le plan de l’assistance contextuelle, l’outil fonctionne comme les alternatives : en sélectionnant un extrait de texte, on peut demander à ChatGPT d’expliquer ou d’approfondir. Le mode agence, bien qu’ambitieux, est lent. Pour ajouter trois articles à mon panier Amazon, le processus a pris 10 minutes, avec des commentaires internes du modèle sur les chargements bloqués. En comparaison, Comet a accompli la même tâche en deux minutes. Cependant, le chatbot a réussi à envoyer un e-mail via Gmail et à créer un événement dans Google Calendar en 30 secondes, et a presque finalisé une réservation de restaurant, mais a mal interprété « vendredi prochain » comme « ce vendredi ». En somme, ChatGPT Atlas marque un début prometteur mais insuffisant. OpenAI dispose déjà d’outils intégrés à des services comme Zillow, Spotify ou Canva, sans besoin de navigateur dédié. Si l’IA doit révolutionner la recherche, le navigateur actuel manque de maturité, de performance et d’innovation fonctionnelle face à des concurrents plus aboutis. Il reste un prototype en quête d’identité.

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