Hyundai rachète Boston Dynamics à 100 %
Hyundai Motor Group devrait approuver le 22 juin l'acquisition de la participation restante de SoftBank dans Boston Dynamics pour 325 millions de dollars. Cette transaction sur 9,65 % des parts conférera au groupe la propriété exclusive de la firme de robotique américaine. Hyundai avait initialement racheté 80 % du capital en 2021 pour environ 880 millions de dollars, valorisant l'entreprise à 1,1 milliard de dollars à l'époque. SoftBank, qui possédait Boston Dynamics depuis 2017, activait jusqu'ici une option de vente. Pour Hyundai, cette consolidation s'inscrit dans une stratégie industrielle précise. L'éditeur automobile prévoit d'intégrer ses robots humanoïdes Atlas directement dans ses propres sites de production. Une version électrique du robot a été présentée lors de la conférence CES en janvier 2026. Le déploiement industriel est programmé pour 2028 au sein de l'usine de véhicules électriques de Savannah, en Géorgie. Les premières missions consisteront à optimiser le séquençage des pièces, avant d'élargir les opérations à des tâches complexes d'ici 2030. Le passage du prototype à l'atelier exige des performances rigoureuses. Robert Playter, directeur général de Boston Dynamics, a précisé que le système devra maîtriser de nouvelles consignes en quelques jours et atteindre un taux de fiabilité de 99,9 pour cent. Pour garantir cette robustesse, Hyundai Mobis, la filiale de composants, assure déjà la fabrication des actionneurs. Cette intégration verticale sécurise la chaîne d'approvisionnement et le service technique, des atouts décisifs face à la concurrence du secteur. Le marché des humanoïdes s'intensifie avec les projets de Tesla, Figure AI et Unitree. L'avantage compétitif de Hyundai réside dans son accès direct à un environnement de test maîtrisé. L'objectif est de mesurer l'impact réel sur la productivité des lignes, plutôt que de viser la démonstration scénarisée lors de salons technologiques. De son côté, SoftBank opère un recentrage stratégique. La sortie de Boston Dynamics s'explique par un investissement massif dans l'infrastructure numérique. Le groupe développe Roze AI, une entité visant à combiner intelligence artificielle et robotique pour construire des centres de données et des réseaux énergétiques. SoftBank vise une valorisation de 100 milliards de dollars pour ce projet et prépare une introduction en bourse rapide, privilégiant ainsi une approche axée sur les infrastructures plutôt que sur le développement de produits à cycle de revenus court. En rachetant l'intégralité de Boston Dynamics, Hyundai passe d'un partenariat à une maîtrise totale de sa capacité robotique. Si le déploiement de l'Atlas se concrétise sur les chaînes géorgiennes d'ici 2028, cette opération marquera la transition d'une technologie expérimentale vers un levier de production industriel, positionnant clairement le constructeur dans la course à l'automatisation avancée.
