Valuations en IA à la hauteur d’une bulle, selon le milliardaire Orlando Bravo
Le financier technologique milliardaire Orlando Bravo, cofondateur de Thoma Bravo, a déclaré que les valorisations des entreprises spécialisées en intelligence artificielle sont actuellement « en bulle », comparant cette situation à celle de l’ère des dotcom. Toutefois, il souligne une différence majeure avec le passé : aujourd’hui, les grandes entreprises disposant de bilans solides financent directement le développement des start-ups en IA. La société de private equity de Bravo, qui gère plus de 181 milliards de dollars d’actifs à fin juin, se concentre sur l’acquisition et la revente d’entreprises technologiques spécialisées dans le secteur de l’entreprise, avec une part importante de son portefeuille dédiée à la cybersécurité. Lors d’une intervention sur CNBC, dans l’émission « Squawk on the Street », mardi, Orlando Bravo a mis en garde contre les évaluations excessives. Il a notamment souligné qu’il était difficile de justifier une valorisation de 10 milliards de dollars pour une entreprise générant seulement 50 millions de dollars de revenus annuels récurrents. « Cette entreprise devra produire un milliard de dollars de flux de trésorerie libre pour doubler la valeur pour l’investisseur », a-t-il expliqué. « Même si le produit est bon, même si le marché est porteur, c’est une exigence énorme sur le plan managérial. » Selon lui, cette surévaluation reflète une certaine euphorie du marché, alimentée par l’enthousiasme autour de l’IA, mais qui pourrait s’effondrer si les résultats opérationnels ne suivent pas. Bien que les grandes entreprises puissent soutenir l’innovation grâce à leurs ressources financières, Bravo rappelle que la viabilité à long terme dépend de la capacité à générer des bénéfices réels, pas seulement des promesses technologiques. Son avertissement s’inscrit dans un contexte où les investissements dans l’IA explosent, mais où les critères de valorisation deviennent de plus en plus flous. En dépit de l’optimisme ambiant, Bravo met en garde contre une possible correction du marché, similaire à celle qui a suivi la bulle internet, si les entreprises ne parviennent pas à transformer leurs innovations en rentabilité durable.
