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il y a 2 jours
Psychologie

La frontière entre veille et sommeil se révèle floue

Une récente étude publiée dans Cell Reports révèle que la frontière entre l’éveil et le sommeil est bien plus poreuse qu’on ne le pensait. En menant des expériences sur 103 participants, les chercheurs ont démontré que les rêves, les souvenirs et les réflexions conscientes s’entremêlent et se produisent à tous les stades du repos. Pour cartographier cette transition, l’équipe a enregistré l’activité cérébrale des sujets à l’aide d’électroencéphalographie pendant qu’ils s’endormaient. Interrompus à plusieurs reprises par des signaux sonores, les participants devaient décrire rapidement leurs dernières pensées. Au total, 375 expériences ont été recueillies. Plutôt que de les classifier arbitrairement, les scientifiques ont utilisé un algorithme d’apprentissage automatique pour regrouper ces récits en familles d’états mentaux, sur la base de leur degré de bizarrerie, de fluidité, de spontanéité et de conscience. Les résultats ont bousculé les modèles traditionnels. Les chercheurs s’attendaient à une séparation nette entre pensées rationnelles pendant l’éveil et images oniriques pendant le sommeil. L’analyse montre en réalité que les quatre types d’états identifiés, allant des fragments de mémoire aux réflexions délibérées, apparaissent aussi bien lors de la veille que durant les stades légers et stabilisés du sommeil. Certaines observations sont même paradoxales : un sujet parfaitement éveillé a rapporté des scénarios oniriques, tandis qu’un autre, en sommeil établi, faisait le bilan de sa journée professionnelle. L’étude a ensuite examiné les signatures neurales associées à ces états pour comprendre comment le cerveau peut générer la même expérience mentale indépendamment du niveau de vigilance. Il s’avère que les processus sous-jacents restent identiques. Par exemple, les expériences de type onirique sont systématiquement corrélées à une réduction de la communication entre les régions distantes du cortex, que la personne soit endormie ou éveillée. Ces découvertes indiquent que le cerveau génère les mêmes formats d’expériences sans être dicté par la simple alternance physiologique veille-sommeil. Au-delà de ces résultats fondamentaux, les chercheurs ont déployé le projet Drifting Minds, un questionnaire numérique d’environ vingt minutes destiné à identifier les profils de transition vers le sommeil. Déjà répondu par près de 5 000 personnes à travers cinq continents, cet outil vise à croiser ces données avec des variables démographiques et psychologiques, comme l’âge, la culture, la créativité ou l’anxiété. Cette recherche ouvre de nouvelles perspectives sur la compréhension des mécanismes cérébraux dans la zone de transition entre conscience et inconscient, soulignant l’importance d’observer attentivement le flux de nos pensées à mesure que nous nous laissons porter vers le sommeil.

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