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Google mise sur un centre de gaz avec capture de carbone pour alimenter ses data centers

Google s’engage dans un projet de centrale au gaz accompagné de captage et de stockage du carbone (CCS), suscitant des interrogations sur sa véritable portée écologique. L’entreprise a signé un accord pour soutenir la construction de la centrale Broadwing Energy Center, située en Illinois, dont la capacité s’élève à 400 mégawatts. Ce projet, qui devrait entrer en service en 2030, fonctionnera au gaz naturel et sera couplé à une technologie de captage du dioxyde de carbone (CO₂) pour l’enterrer à une profondeur d’un mile sous terre. Google s’engage à acheter la majeure partie de l’électricité produite, dans le cadre de sa stratégie visant à alimenter ses centres de données, en pleine expansion en raison de l’essor de l’intelligence artificielle. En théorie, ce type de projet pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre, contribuant ainsi à limiter le réchauffement climatique, dont les effets — montée du niveau des mers, dégradation des récifs coralliens, événements météorologiques extrêmes — sont désormais incontestables. Mais en pratique, le captage et le stockage du carbone peinent à s’imposer. Aux États-Unis, malgré des investissements publics massifs — près de 684 millions de dollars du Département de l’Énergie (DOE) entre 2010 et 2021 —, seul un projet sur six a vu le jour. Les autres ont échoué en raison de coûts prohibitifs, de difficultés techniques ou de fragilités économiques. Selon une étude australienne de 2023, l’électricité produite par une centrale combinée à un système de CCS coûte entre 1,5 et 2 fois plus cher que celle issue du solaire, du vent ou des centrales au charbon ou au gaz classiques. Or, la demande croissante d’électricité liée aux centres de données, dont Google est l’un des plus gros consommateurs, contribue déjà à la hausse des factures d’énergie aux États-Unis. Le seul projet américain de CCS à avoir fonctionné — le projet Petra Nova, en 2017 — a dû fermer en 2020, en grande partie à cause de la chute des prix du pétrole pendant la pandémie, car il vendait son CO₂ pour une récupération pétrolière améliorée, un modèle économique dépendant fortement des marchés pétroliers. Le projet de Broadwing diffère par son utilisation du gaz naturel, plus abordable que le charbon, et par la destination du CO₂ : plutôt que de le vendre, il sera stocké durablement sous terre. Google affirme que ce système pourrait capturer jusqu’à 90 % des émissions de CO₂, un taux supérieur à la moyenne des projets existants. Toutefois, cette solution ne résout pas tous les problèmes environnementaux. Le gaz naturel libère du méthane, un gaz à effet de serre 80 fois plus puissant que le CO₂ sur un horizon de 20 ans, et des fuites sont fréquentes dans les infrastructures d’extraction et de transport. De plus, les centrales au gaz émettent d’autres polluants atmosphériques nuisibles à la santé des populations locales. Google ne mentionne pas ces enjeux dans son annonce, un silence qui s’inscrit dans un contexte politique américain marqué par un recul des politiques renouvelables sous l’administration Trump, qui a nommé des dirigeants du secteur fossile à des postes clés, réduit les subventions pour le solaire et l’éolien, et bloqué des projets d’éolien offshore. Paradoxalement, les incitations fiscales pour le captage du carbone restent en vigueur, ce qui explique son attrait pour des acteurs comme Google, qui cherchent à compenser leur empreinte carbone tout en assurant une énergie fiable à leurs infrastructures. Cette approche soulève des doutes : s’agit-il d’un pas vers une transition énergétique, ou d’un moyen de prolonger la dépendance aux énergies fossiles ? Des experts estiment que les ressources devraient plutôt être orientées vers le solaire, l’éolien et l’efficacité énergétique, plutôt que sur des technologies encore incertaines et coûteuses.

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