Meta licencie 600 employés de son équipe d'IA dans le cadre d'une restructuration
Meta a annoncé la suppression d’environ 600 emplois au sein de son laboratoire dédié à l’intelligence artificielle, notamment dans son unité FAIR (Fundamental AI Research), ainsi que dans les équipes d’infrastructure et de produits liées à l’IA. Cette décision, révélée par Axios et confirmée par une source de CNBC, s’inscrit dans une stratégie visant à réduire la complexité organisationnelle et à accélérer la prise de décision. Alexandr Wang, directeur de l’IA chez Meta, a expliqué dans un courrier interne que réduire la taille de l’équipe permettrait de « diminuer le nombre de conversations nécessaires pour prendre une décision » et de donner à chaque collaborateur « une responsabilité plus importante et un impact plus large ». Cette démarche fait partie du programme « année d’efficacité » lancé par le PDG Mark Zuckerberg, qui préconise une entreprise « plus légère ». Malgré des investissements massifs dans l’IA — notamment un versement de 15 milliards de dollars pour acquérir Scale AI et un accord de 27 milliards de dollars avec Blue Owl Capital pour développer le centre de données Hyperion en Louisiane — Meta peine à définir une vision claire de son organisation IA. L’initiative « superintelligence », lancée pour unifier ses efforts, a été rapidement fragmentée en plusieurs divisions, reflétant une certaine instabilité stratégique. Cette confusion s’ajoute à des difficultés de rétention : plusieurs chercheurs recrutés à prix d’or, parfois avec des primes équivalentes à des contrats NBA, ont quitté l’entreprise peu après leur arrivée, frustrés par le manque de direction. Le laboratoire TBD, chargé du développement des prochaines générations de modèles de langage, a été épargné par les licenciements, ce qui souligne une sélection stratégique. Meta a encouragé les employés touchés à postuler pour d’autres postes au sein de l’entreprise, affirmant que ces talents restent précieux. Toutefois, aucune mention n’a été faite de mesures préalables pour les réaffecter, ce qui soulève des questions sur la gestion du changement. Ces coupes surviennent alors que Meta tente de rattraper son retard face à des concurrents comme OpenAI, Google et Anthropic, dans une course mondiale à l’IA. L’été a été marqué par une offensive de recrutement agressive, avec plus de 50 chercheurs recrutés auprès de rivales, notamment chez Apple. Mais ces efforts semblent avoir porté leurs fruits sur le plan de l’image, pas nécessairement sur la performance opérationnelle. En somme, Meta investit des milliards pour dominer l’IA, mais peine à structurer ses équipes. Les licenciements, bien qu’ils visent à améliorer l’agilité, risquent de nuire à la culture d’innovation, en pénalisant les employés pour des dysfonctionnements organisationnels. L’entreprise cherche encore à définir son modèle de réussite dans un domaine où la compétition est féroce et où les erreurs stratégiques peuvent avoir des conséquences durables.
