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il y a 13 heures
Robotique
Capital-risque

microagi lève $55M pour former des robots en usine

La startup allemande microagi, basée à Munich, a levé 55 millions de dollars lors d’une série d’amorçage, la plus importante jamais réalisée pour une entreprise allemande dans ce secteur. La levée, dirigée par Hummingbird avec la participation de Northzone, LocalGlobe, Village Global et redalpine, finance la vision de Bercan Kilic, ancien ingénieur aérodynamique chez Red Bull Racing. Après son expérience en Formule 1, il a choisi de s’attaquer à un défi plus large : déployer des robots dans les usines pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre et moderniser la production industrielle. microagi ne construit ni robots ni modèles d’intelligence artificielle ex nihilo. À la place, elle propose une plateforme de formation spécialisée qui enregistre des opérateurs humains à l’aide de caméras et de gants sensoriels. Ces vidéos permettent d’adapter des modèles robotiques existants aux tâches précises d’un site industriel donné. Selon Kilic, les algorithmes actuels restent trop limités pour apprendre seuls ; ils doivent être éduqués avec des données réelles, comme un jeune apprenti qui apprend un métier manuel. Pour alimenter cette plateforme, microagi a lancé son application grand public, shift. Disponible dans quinze pays, elle rémunère plus de 20 000 utilisateurs pour filmer des gestes quotidiens comme le ménage ou la cuisine. Ces rushes constituent un jeu de données inédit vendu aux laboratoires de recherche en robotique, comblant un déficit d’entraînement historique comparé aux grands modèles linguistiques. microagi collabore ensuite avec des équipes comme Physical Intelligence, Skild AI et Generalist AI pour intégrer ces données à leurs systèmes et les déployer chez des clients industriels. Le contexte économique rend cette approche urgente. La Chine a installé 295 000 robots industriels en 2024, dominant le marché mondial. En Europe et aux États-Unis, le vieillissement démographique et le départ à la retraite des ouvriers expérimentés accélèrent les besoins en automatisation. Kilic souligne que le rapatriement des chaînes de production ne sera viable que si la robotique progresse à la vitesse nécessaire. Les 55 millions de dollars serviront à acheter de la puissance de calcul pour entraîner les modèles, à étendre le réseau shift et à renforcer la présence de microagi aux États-Unis. L’entreprise, forte de 37 employés chez microagi et 75 chez shift, vise un objectif ambitieux : déployer entre 20 et 30 millions de robots d’ici cinq ans. Ses cofondateurs, issus de Mercedes F1, de l’Institut Alan Turing et de l’Université RWTH Aachen, partagent cette conviction que la robotique industrielle approche d’un point de rupture technologique, comparable à l’essor des grands modèles linguistiques il y a quelques années. Si le pari se concrétise, microagi ambitionne de devenir la première entreprise mondiale de son secteur en maîtrisant la chaîne de l’entraînement à la mise en œuvre des systèmes robotiques.

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