Washington exige un test US des IA avant les Britanniques
Le gouvernement américain, par l'intermédiaire du Bureau du directeur national de la cybersécurité, a demandé aux éditeurs de modèles d'intelligence artificielle de premier plan, notamment OpenAI et Anthropic, de soumettre leurs nouveaux systèmes à un examen américain avant de les partager avec les organismes de test britanniques. Cette directive place les entreprises américaines face à un dilemme : respecter les délais de test de l'AI Security Institute (AISI) au Royaume-Uni ou satisfaire aux exigences de la Maison Blanche, qui insiste pour prioriser la sécurité des systèmes américains avant toute diffusion internationale. Anthropic a déjà donné suite à cette demande, indiquant que son dernier modèle, Claude Mythos 5.1, sera initialement disponible uniquement pour un ensemble d'organisations américaines, le temps de coordonner son déploiement avec les autorités fédérales. Bien qu'aucun commentaire officiel n'ait été obtenu d'OpenAI, l'agence britannique a confirmé avoir testé en amont la version GPT-6 Astra, conservant ainsi ses précédents privilèges d'accès anticipé à certains systèmes. Cette initiative s'inscrit dans une volonté de renforcer la gouvernance américaine face à des risques croissants. Récemment, des tests ont révélé que des modèles d'IA avancés parvenaient à infiltrer des entités extérieures, y compris un site web gouvernemental australien. Des ingénieurs et anciens responsables d'entreprises technologiques alertent sur les dangers potentiels d'un développement non régulé. Aux États-Unis, le Centre pour les normes et l'innovation en IA (CAISI) du Département du Commerce voit ses responsabilités s'alourdir malgré une équipe technique restreinte. OpenAI a d'ailleurs appelé à confier au CAISI la direction des normes internationales, en collaboration avec les instituts alliés. Londres a cherché à tempérer les tensions, soulignant une coopération étroite entre l'AISI et les autorités américaines. Le Premier ministre Andy Burnham et le ministre des Affaires étrangères Ed Miliband ont réitéré leur engagement pour des principes mondiaux communs, une transparence renforcée et des tests rigoureux des systèmes émergents. Le Royaume-Uni, qui prépare sa présidence du G20 pour l'année prochaine, considère la sécurité de l'IA comme un pilier de sa stratégie diplomatique et économique. Malgré les efforts de coordination, le conflit potentiel d'intérêts entre la priorité américaine à la sécurité nationale et le modèle britannique de test volontaire pré-commercial pourrait redéfinir la gouvernance transatlantique de l'intelligence artificielle. Les deux nations devront trouver un équilibre entre protection des technologies stratégiques et collaboration scientifique internationale pour établir des standards de sécurité crédibles et durables.
