Microsoft renonce à un accord cloud Oracle de 3 Md$
Microsoft a récemment mené des négociations avec Oracle pour louer plus de trois milliards de dollars de capacité de calcul en cloud, mais l'accord a échoué en raison de préoccupations en matière de sécurité et de conformité. Le principal obstacle résidait dans l'absence de la certification FedRAMP, un cadre de sécurité standardisé aux États-Unis garantissant que les services cloud peuvent traiter des données gouvernementales. Oracle a refusé d'étendre cette certification à son cloud public, estimant que les adaptations techniques nécessaires représenteraient un fardeau d'ingénierie considérable, même si son cloud dédié au secteur gouvernemental en dispose déjà. Bien que les deux entreprises soulignent publiquement leur collaboration continue, cette transaction manquée met en lumière une réalité croissante du boom de l'intelligence artificielle : la pénurie massive de puissance de calcul frappe même les plus grands géants technologiques. Face à la demande exponentielle des services d'IA, les fournisseurs de cloud comme Microsoft ne se contentent plus de conquérir des clients. Ils s'affrontent désormais pour sécuriser les infrastructures et la capacité nécessaire au fonctionnement de leurs propres produits. Cette course effrénée a donné lieu à une vague inédite de partenariats, d'accords de partage de capacité et de contrats d'infrastructure de plusieurs milliards de dollars. Microsoft prévoit déjà d'investir 190 milliards de dollars en dépenses d'investissement pour l'année 2026, principalement afin d'agrandir ses centres de données. Par ailleurs, l'entreprise a déjà eu recours à Amazon pour renforcer la capacité de son service GitHub suite à des coupures récentes et explore activement des solutions chez d'autres fournisseurs pour privilégier ses propres ressources Azure. Ce phénomène dépasse largement la seule sphère de Microsoft. Récemment, Google et SpaceX ont révélé un accord aux termes duquel Google versera 920 millions de dollars par mois à SpaceX pour louer de la capacité de calcul destinée à l'IA, et ce jusqu'en juin 2029. Cette dynamique fait écho à un contrat similaire entre le cloud de Google et l'entreprise Anthropic, signé seulement deux mois plus tôt. Alors que la course aux puances informatiques ne montre aucun signe de ralentissement, les leaders technologiques multiplient les alliances stratégiques pour garantir leur compétitivité. Les analystes estiment que cette compétition accrue pour les infrastructures structurera le secteur du cloud pour les années à venir, tout en accélérant les investissements massifs dans les data centers et en redéfinissant les modèles de collaboration industrielle.
