L'IA pourrait prédire les céphalées 24 h à l'avance
Des chercheurs norvégiens ont montré que l’intelligence artificielle pourrait anticiper les maux de tête et la fatigue liés aux commotions, en détectant des signes physiologiques jusqu’à vingt-quatre heures avant leur apparition. Ces travaux, publiés dans le Journal of Head Trauma Rehabilitation, s’appuient sur des données corporelles recueillies au quotidien chez des patients souffrant de symptômes persistants après une commotion. Les résultats suggèrent que ces symptômes ne surviennent pas de manière aléatoire, mais suivent des patterns suffisamment réguliers pour être appris par des modèles spécialisés. L’étude a été menée avec vingt personnes présentant des symptômes de longue durée après une commotion. Pendant vingt-huit jours, ces participants ont enregistré leurs symptômes et ont réalisé des mesures physiologiques quotidiennes, portant sur leur rythme cardiaque, la température de leur peau et la tension de leur muscle trapèze. Les chercheurs ont ensuite combiné ces données à des applications de santé et à des modèles d’apprentissage automatique, notamment des modèles de fondation. Ces modèles vastes et polyvalents peuvent être adaptés à des tâches précises dans de nombreux domaines. Dans cette étude, ils se sont révélés plus performants qu’une approche plus traditionnelle, avec une précision modérée à bonne pour anticiper les journées de maux de tête modérés à sévères, puis pour prévoir certains épisodes de fatigue. Pour les patients concernés, un tel outil pourrait déboucher sur une alerte envoyée par une montre connectée ou une application, afin de mieux organiser la journée à venir et de limiter la gêne provoquée par l’arrivée des symptômes. Pour les soignants, il offrirait également un moyen de mieux comprendre et suivre l’évolution de ces manifestations, souvent difficiles à prévoir. Cette approche concerne un public encore mal mesuré. Les données disponibles indiquent que plus d’une personne sur cinq continue de présenter des symptômes plus de trois mois après une commotion. En Norvège, plus de dix-sept mille personnes consultent chaque année des urgences pour des blessures mineures à la tête, mais le chiffre réel pourrait être au moins deux fois plus élevé en intégrant les visites chez le médecin généraliste et les personnes qui ne consultent pas immédiatement. Les chercheurs précisent toutefois que ces résultats constituent une preuve de concept fondée sur un échantillon restreint. Avant de proposer des outils réellement utilisables en pratique clinique, il faudra conduire des études plus vastes et plus longues. L’intégration technique des alertes, la conception des interfaces, ainsi que les questions de confidentialité, de sécurité des données et de conformité réglementaire devront également être réglées. Les équipes du Norwegian Centre for Headache Research ont depuis mis à jour l’application utilisée dans cette première étude. Une nouvelle phase de recherche est prévue pour le printemps 2027, avec l’objectif de recruter au moins deux cents patients souffrant de symptômes persistants après une commotion, afin de valider et d’affiner cette méthode d’anticipation.
