Powell et Bessent rencontrent les dirigeants bancaires sur Anthropic Mythos
La Réserve fédérale, dirigée par le président Jerome Powell, et le département du Trésor, sous la supervision du secrétaire Scott Bessent, ont organisé une réunion à huis clos le mardi avec les dirigeants des plus grandes banques américaines. Cette rencontre, tenue au siège du Trésor à Washington, visait à évaluer les risques de cybersécurité liés au nouveau modèle d'intelligence artificielle Mythos, développé par la start-up Anthropic. Bloomberg a rapporté cette convocation, soulignant l'urgence de la situation. Le PDG de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, avait été invité mais n'a pas pu y assister. La réunion fait suite à l'annonce d'Anthropic concernant un projet stratégique baptisé « Project Glasswing ». Cette initiative rassemble plusieurs géants de la technologie, dont Amazon, Apple et Nvidia, dans le but d'utiliser les capacités avancées de Mythos pour renforcer les défenses de cybersécurité nationales et économiques. Mythos, modèle phare d'Anthropic connu pour son chatbot génératif Claude, possède des fonctionnalités si performantes qu'il a déjà réussi à identifier des vulnérabilités critiques au sein de systèmes d'exploitation et de navigateurs web majeurs. Face à ces capacités dangereuses, Anthropic a pris la décision stratégique de ne pas diffuser largement le modèle sur le marché. L'entreprise souligne que la prolifération rapide de telles technologies pourrait dépasser les acteurs soucieux de les déployer en toute sécurité. Dans un communiqué, Anthropic a averti que les conséquences potentielles pour l'économie, la sécurité publique et la défense nationale pourraient être sévères. Le projet vise donc à canaliser ces pouvoirs offensifs potentiels vers des usages défensifs urgents pour protéger les infrastructures critiques. Cette préoccupation institutionnelle s'inscrit dans un contexte plus large où l'intelligence artificielle est officiellement reconnue comme une menace pour la stabilité financière. En 2023, l'administration Biden avait, pour la première fois, désigné l'IA comme un risque potentiel pour la stabilité du secteur financier. La réunion de ce mardi marque une étape concrète dans la mise en œuvre de cette évaluation, transformant l'inquiétude théorique en une action de coordination entre les régulateurs, les banques et les leaders technologiques. La présence des principales figures de la banque américaine, bien que partielle, illustre la priorité accordée à ce secteur. Le fait que les décideurs politiques convoquent directement les chefs d'entreprise démontre que la cybersécurité liée à l'IA est désormais une question de sécurité nationale. Avec des capacités telles que celles de Mythos, la frontière entre l'innovation et le risque systémique s'amenuise. La collaboration entre le secteur privé et le gouvernement semble donc être la voie privilégiée pour anticiper les menaces avant qu'elles ne se concrétisent, dans un domaine où le développement technologique dépasse souvent les cadres réglementaires établis.
