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Gina Raimondo : l'IA créera des emplois, craint les licenciements

Gina Raimondo, ancienne secrétaire au Commerce des États-Unis et dirigeante actuelle de l'ONG Raise Us, défend une vision optimiste à long terme de l'intelligence artificielle, tout en alertant sur les risques immédiats pour l'emploi. Lors d'une récente interview sur le podcast CNBC Changemakers, elle a rappelé que si l'IA devrait inévitablement générer de nouveaux métiers et améliorer des secteurs comme la santé ou la production technologique, son déploiement sans stratégie de transition pourrait provoquer des licenciements de masse déstabilisants. Selon Raimondo, le principal danger réside dans une adoption trop rapide et non anticipée des agents logiciels. Elle craint qu'un choc brutal n'entraîne un chômage de masse, potentiellement compris entre dix et onze pour cent, avec un impact particulièrement sévère chez les jeunes de moins de vingt-cinq ans. Sans filets de sécurité adaptés, elle met en garde contre des risques de récession prolongée, de tensions sociales et d'affaiblissement du modèle démocratique. Ces inquiétudes sont corroborées par les multiples incidents de sécurité récents observés chez les principaux laboratoires d'IA, qu'elle interprète comme le symptôme d'une course à l'innovation privant les régulateurs du temps nécessaire pour encadrer les usages. Pour prévenir ce scénario, Raimondo a cofondé Raise Us avec l'ancien gouverneur Eric Holcomb. Cette coalition vise à aligner les intérêts du secteur privé et des pouvoirs publics pour accompagner la transformation du marché du travail. Soutenue par des entreprises comme Amazon, Microsoft, AMD, UPS ou encore Bank of America, l'initiative teste déjà des programmes pilotes dans quatre États américains. L'objectif est d'encourager les dirigeants à intégrer l'IA de manière progressive, en préservant la stabilité économique et l'emploi. Les réformes préconisées passent par une modernisation urgente des dispositifs existants. Raimondo critique un système de protection sociale et de formation archaïque, dont l'assurance chômage remonte aux années 1930 et qui désavantage structurellement les salariés humains face aux outils automatisés via des prélèvements sociaux que ne supportent pas les logiciels. Elle propose de créer des programmes d'insertion pour les jeunes, de renforcer l'accompagnement des travailleurs de plus de cinquante ans menacés par l'automatisation, et de rééquilibrer le système fiscal pour qu'il incite au recrutement plutôt qu'au remplacement. Face à l'inaction attendue du Congrès américain et à la priorité accordée par certains dirigeants à la rentabilité immédiate, Raimondo appelle à une mobilisation concertée. Elle estime que le marché seul ne peut gérer une transition aussi rapide. Une coordination proactive entre gouvernements, entreprises et institutions de formation est indispensable pour que l'IA devienne un levier de prospérité partagée plutôt qu'un facteur de fracture sociale et économique.

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