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IA Générative

OpenAI et Microsoft savaient que l'IA nuisait au web

Des documents judiciaires déclassifiés dans le cadre du procès intenté par le New York Times contre OpenAI et Microsoft révèlent une prise de conscience interne concernant les conséquences économiques et techniques de l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle. Selon ces échanges internes, les deux entreprises ont anticipé la création d’un cercle vicieux nuisible à la fois à l’écosystème web et à la performance future de leurs propres systèmes. Les documents mentionnent explicitement le prélèvement massif de données en ligne pour l’entraînement des chatbots comme une pratique équivalant à la plus grande appropriation du travail humain de l’histoire. Des responsables internes, dont le directeur des sciences appliquées de Microsoft Brent Hecht, qualifient cette méthode de contournement flagrant des principes d’usage équitable. Bien que Microsoft ait tenté de se distancer de ces propos en les présentant comme l’expression personnelle d’un chercheur, ces déclarations reflètent une réalité technique documentée : les systèmes d’IA contournent les murs payants, mémorisent des textes sous droits d’auteur pour les reproduire mot pour mot, et remplacent progressivement les requêtes de recherche par des réponses synthétiques. Cette dynamique a des répercussions mesurables. Des experts cités dans les documents estiment que les résumés générés par l’IA ont fait chuter le trafic de référence vers les sites d’information traditionnels jusqu’à soixante pour cent. Satya Nadella a lui-même noté que les agents conversationnels supplantent désormais la navigation vers les sources originales, transformant l’IA en un substitut direct du travail créatif et éditorial. De plus, des ingénieurs et responsables stratégie de Microsoft ont averti que les grands modèles de langage détruisent progressivement leur propre chaîne d’approvisionnement en contenu, car ils rendent obsolète la consultation des sites qui les ont nourris. Face à ces révélations, Microsoft et OpenAI maintiennent que leur développement respecte le cadre légal et vise l’innovation. Les porte-paroles insistent sur le fait que certaines déclarations internes relèvent de réflexions académiques et ne constituent pas la position officielle des entreprises sur les questions de propriété intellectuelle. Néanmoins, les documents soulignent un paradoxe commercial clair : la poursuite d’une croissance financière substantielle a été privilégiée malgré la prise de conscience des risques encourus par l’industrie des médias et la viabilité à long terme des données d’entraînement. Ces archives judiciaires confirment que les acteurs majeurs de l’IA ont mesuré l’impact dévastateur de leurs pratiques sur le journalisme et les créateurs de contenu, tout en choisissant de poursuivre leur développement accéléré. Le dossier ouvre désormais la voie à des décisions juridiques susceptibles de redéfinir les règles du consentement, de la rémunération et de l’utilisation des données textuelles dans l’ère de l’intelligence artificielle générative.

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