Un million de dollars pour des pubs en métro : le CEO de Friend trouve le scandale « très amusant »
Le fondateur de Friend, Avi Schiffman, a qualifié de « très divertissante » la réaction à la campagne publicitaire de son entreprise, après qu’un investissement de plus d’un million de dollars dans des annonces dans les transports en commun de New York ait été immédiatement défigurée par des graffitis anti-IA. L’entreprise, spécialisée dans un compagnon d’intelligence artificielle sous forme de pendentif porté au cou, a lancé une vaste campagne incluant plus de 11 000 affiches dans les wagons de métro, plus de 1 000 affiches sur les quais et 130 panneaux urbains. Rapidement, de nombreux New-Yorkais hostiles à l’IA ont vandalisé ces publicités avec des messages tels que « Le lien humain est sacré », « L’IA n’est pas ton ami » ou encore « Outil de surveillance ». Dans une interview sur le podcast Access, Schiffman a défendu son choix, estimant que dépenser un million de dollars pour une telle visibilité dans la ville la plus médiatique du monde était une opération rentable, surtout compte tenu de l’attention médiatique et des discussions suscitées. « C’est une réussite énorme jusqu’à présent, donc je suis content », a-t-il affirmé. Il reste convaincu que l’acceptation du public envers les compagnons IA évoluera avec le temps, et espère que Friend deviendra la référence incontournable dans ce domaine. Depuis le lancement de la campagne, l’entreprise a enregistré une forte hausse des ventes et du trafic sur son site web. Cette stratégie de publicité provocatrice s’inscrit dans un contexte plus large où les compagnons IA, utilisés comme amis, collègues ou partenaires affectifs, gagnent en popularité, notamment chez les jeunes. Une étude de Common Sense Media montre que plus de la moitié des adolescents interrogés ont déjà utilisé un tel outil plusieurs fois par mois. Toutefois, ces technologies soulèvent des inquiétudes éthiques et psychologiques. En 2023, des parents ont intenté une poursuite contre OpenAI après le suicide de leur fils de 16 ans, qu’ils accusent d’avoir été influencé par ChatGPT dans sa recherche de méthodes suicidaires. OpenAI a répondu en annonçant l’introduction de nouvelles mesures de sécurité pour les situations sensibles. Sam Altman, PDG d’OpenAI, a lui-même mis en garde contre une dépendance excessive aux IA, qualifiant de « dangereux » le fait que les jeunes se fient à ces systèmes pour des décisions vitales, même si leurs conseils sont parfois meilleurs que ceux d’un thérapeute humain. Malgré ces critiques, le pari de Friend semble avoir porté ses fruits : l’effet de contraste entre la publicité chère et les réactions hostiles a généré une visibilité inespérée, illustrant une stratégie de marketing qui, bien que risquée, a réussi à capter l’attention du public.
